TUNIS - Les autorités tunisiennes ont confirmé mardi le bilan avancé la veille par la presse sur la mort d’une cinquantaine de migrants clandestins dont l’embarcation a échoué sur le littoral tunisien.

Un communiqué officiel transmis à l’Associated Press précise que les unités de sécurité tunisiennes ont découvert samedi une embarcation ayant échoué sur la plage de Baghdadi, à Békalta, à environ 180km au sud-est de Tunis, avec à bord 19 passagers, dont 16 dans “un état précaire” et trois décédés.

Plus tard, les unités de secours ont repêché deux autres cadavres de femmes rejetés par les vagues.

Selon le communiqué qui se réfère aux témoignages des rescapés, le groupe de migrants composé de “près de 66 personnes” était parti d’une “plage non tunisienne” en direction de l’Italie. Mais les mauvaises conditions climatiques l’en ont empêché, causant la mort de nombre de migrants dans les eaux internationales, les autres ayant échoué sur les côtes tunisiennes.

L’hebdomadaire “Assabah Al Ousboui” a rapporté que les clandestins étaient partis de la plage de Zouara, en Libye et que leur bateau était tombé en panne sèche avant d’atteindre l’île de Lampedusa, dans le sud de l’Italie. Ils étaient restés à la dérive pendant cinq jours en proie à la faim, à la soif et au froid.

Après avoir reçu les soins nécessaires, les rescapés doivent être traduits devant la justice, selon le communiqué.

La quasi-totalité des migrants étaient des ressortissants d’Afrique subsaharienne, dont des Camerounais, des Kenyans, des Ivoiriens et des Nigérians, d’après le témoignage d’un rescapé marocain cité par l’hebdomadaire. Ce dernier a également mentionné un jeune Tunisien parmi les victimes. AP

Posted by: imagazinefr | mai 13, 2008

Le Livre noir de la CIA : Les archives dévoilées

« Toutes ces histoires ne sont que la partie visible de l’iceberg. Si elles sortent, le sang va couler » Henry Kissinger, 4 janvier 1975

Image Assassinats de dirigeants étrangers, coups d’État, trafic d’armes et de drogues, soutien à des groupes terroristes ou à d’anciens nazis, détentions abusives et tortures, expérimentations d’armes chimiques… Depuis sa création, la CIA n’a cessé de multiplier les infractions à la loi. Elle déclassifie une partie de ses archives allant jusqu’en 1973, arguant que les dérapages de la guerre froide sont aujourd’hui révolus. Ce livre montre qu’il n’en est rien.
Pour la première fois, cet ouvrage dresse un bilan aussi exhaustif que possible des méthodes douteuses de l’Agence, des origines à nos jours. Il reproduit les archives permettant d’approcher la vérité : témoignages d’acteurs directs, mémos confidentiels, rapports de commissions d’enquête.
On trouve ici de nombreuses anecdotes inédites sur des épisodes que l’on croit connaître (comme l’assassinat d’Allende au Chili ou les tentatives de meurtre contre Fidel Castro), mais aussi des révélations sur les activités plus ou moins adroites de la CIA en France. On apprendra enfin le rôle exact de l’Agence dans les trafics de drogue, la finance
internationale ou l’essor d’Al Qaïda. Au total, plus de vingt dossiers explosifs forment l’image la plus complète de cette sombre histoire.

Éditeur Nouveau Monde éditions
ISBN-10 284736286X
ISBN-13 978-2-84736-286-2
Année de publication 2007
Prix recommandé 22,00

Un rapport du Quai d’Orsay – révélé par Le Monde – fondé sur une synthèse des télégrammes de 42 ambassadeurs français en Afrique souligne l’inconfort de la position française en Afrique. Aussi dur de sortir de la « Françafrique » que de s’y cramponner.

Par Said Djaafer, Alger

C’est un rapport commandé par le Quai d’Orsay après le discours controversé du président Nicolas Sarkozy à Dakar, en juillet 2007, dans lequel il convoquait un lexique et des référents surannés pour dresser le portrait d’une Afrique, hors de l’histoire, enfermée dans « l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles ». La conclusion du rapport est simple : la France perd pied en Afrique, son image se dégrade fortement et « oscille entre attirance et répulsion (…) au gré du soutien politique, ou des interventions, militaires notamment ». Le soutien à des chefs d’Etats africains inamovibles et la présence de bases militaires françaises accrédite, chez les Africains, l’image d’une France agissant pour des « gouvernements iniques et pour des causes opaques ». Prenant acte de l’émergence de nouveaux acteurs en Afrique (Chine, Inde, Brésil, Etats-Unis…), le rapport note que la « France n’est plus la référence u

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nique ni même primordiale en Afrique ».

L’idée d’une France vorace persiste

Paris a tenté ces derniers mois de rattraper les effets du discours de Dakar. Très inspiré des vieilles thèses ethnocentristes de Hegel sur l’Afrique, il avait suscité la surprise indignée des élites africaines. Quelques mois plus tard, en février, au Cap, le président français entamait une correction de tir en annonçant une renégociation des accords de défense en vigueur entre la France et certains Etats africains et, surtout, en présentant les rapports « équilibrés, transparents et décomplexés » avec l’Afrique du Sud comme un modèle devant inspirer « la relation nouvelle entre la France et l’Afrique ». Depuis, il y a eu ce qu’un diplomate français appelle les « dégâts durables »

infligés à l’image de la France par l’affaire de l’Arche de Zoé, association qui avait tenté de faire sortir illégalement du Tchad des enfants présentés comme des réfugiés du Darfour. Du coté des Africains, des jeunes notamment, le rapport montre que l’idée d’une France vorace qui pille les ressources naturelles reste prégnante alors que, selon les diplomates, les principaux intérêts économiques français se trouvent en Afrique anglophone. Ce déplacement des intérêts français vers l’Afrique anglophone est ainsi expliqué par les chiffres : la moitié des échanges français avec le continent se fait avec l’Afrique du Sud et le Nigeria et, plus globalement, l’Afrique subsaharienne n’entre plus que pour 0,5% du commerce extérieur de la France contre 40% en 1957.

Les idéalistes sont réalistes

Que dire de ces chiffres quand on les croise avec le « désamour » des africains, francophones principalement, avec la France ? Que l’entretien de la Françafrique n’a aucune justification économique, alors qu’elle est la source d’une forte nuisance pour l’image de la France. Il est vrai que l’économie officielle est une chose et que les bénéfices des réseaux en sont une autre. Il est également vrai que la diplomatie française bénéficie d’un apport de voix « automatiques » très utile lors des débats onusiens. Mais ces justifications ont clairement perdu de leur pertinence, depuis la chute du mur de Berlin. Du coup, les « idéalistes » qui, en France, appellent à la rupture et à l’enterrement de la Françafrique pourraient faire valoir des arguments très réalistes pour défendre l’option du changement. Ils peuvent faire valoir, par exemple, qu’il est beaucoup moins risqué de fâcher le Gabon que de déplaire à la Chine.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a encouragé lundi les dirigeants mondiaux à s’investir pleinement dans la lutte contre la crise alimentaire mondiale.

“Combattre la crise alimentaire mondiale nécessite un leadership international et une coordination au plus haut niveau”, a-t-il estimé lors de la première réunion de la cellule de crise qu’il a créée à cet effet, selon un communiqué de son service de presse.

© AFP
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, le 20 avril 2008 à Accra
© AFP/Archives Leon Neal

NEW YORK (AFP)Cette réunion à huis clos, sous l’autorité de M. Ban qui a fait de la lutte contre la faim l’une de ses priorités, visait à “promouvoir une réponse mondiale cohérente et coordonnée à l’actuelle crise alimentaire”, selon le communiqué.

Elle a jeté les bases d’un “Cadre global d’action” comprenant une série de plans à court et long terme pour faire face à la flambée des prix alimentaires dans le monde. L’accent sera mis sur l’aide alimentaire, les initiatives de protection sociale et les mesures favorisant l’agriculture.

Les participants sont convenus de présenter ces axes d’action à la conférence de haut niveau de la FAO (Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture) sur la sécurité alimentaire, à Rome du 3 au 5 juin, à laquelle M. Ban souhaite que les dirigeants mondiaux participent.

Le suivi et la mise en oeuvre de la stratégie d’action seront assurés par la cellule de crise, dont la création a été annoncée par M. Ban à Berne le 29 avril et qui rassemble les chefs de quinze départements et agences de l’ONU, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM).

Elle est placée sous l’autorité de M. Ban, qui a chargé de sa coordination son secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires, John Holmes, à New York, et David Nabarro, coordinateur de l’ONU contre la grippe aviaire, à Genève.

La cellule de crise a renouvelé l’appel lancé à Berne par les institutions pour une action urgente face à la crise alimentaire.

Elle a demandé aux Etats d’”assurer que leurs politiques, notamment en matière d’exportation de nourriture, n’exacerbent pas l’actuelle hausse structurelle des prix et ses conséquences”.

Plusieurs pays s’étaient vu rappeler à l’ordre à Berne pour avoir décidé de suspendre leurs exportations de nourriture, pour défendre leur propre sécurité alimentaire, car ces mesures poussent les prix à la hausse et pénalisent les plus pauvres.

La cellule de crise a appelé les Etats à “ne pas entraver les fournitures de nourriture destinées aux besoins humanitaires, par exemple par l’intermédiare du PAM” (Programme alimentaire mondial).

La Birmanie, durement frappée le 2 mai par un cyclone meurtrier, a particulièrement besoin actuellement d’aide alimentaire pour quelque deux millions de sinistrés.

Les prix des denrées alimentaires ont pratiquement doublé dans le monde en trois ans, selon la Banque mondiale, provoquant des émeutes en avril en Egypte et à Haïti, des manifestations dans de nombreux autres pays et des restrictions aux exportations de plusieurs producteurs dont le Brésil, le Vietnam, l’Inde et l’Egypte.

Parmi les explications, figurent le développement des bio-carburants, les barrières commerciales, une demande croissante venue d’Asie sur fond de modifications des habitudes alimentaires, la faiblesse des récoltes ainsi que les cours du pétrole, qui pèsent sur le prix des transports.

La FAO a estimé lundi que la production mondiale de riz atteindrait un niveau record en 2008 mais que les prix resteraient élevés à court terme.

Burkina: débuts timides de 72 heures de grève contre le coût de la vie

© AFP
le marché Sin Yiti, le 22 août 2007 à Ouagadougou (Burkina Faso)
© AFP/Archives

OUAGADOUGOU (AFP)Une grève générale de trois jours a débuté timidement mardi au Burkina Faso à l’appel de plusieurs syndicats qui réclament des augmentations de salaires et un approvisionnement régulier de produits de base, dont les prix ont fortement augmenté ces derniers mois.

La plupart des services bancaires et administratifs ainsi que les assurances avaient tout de même ouvert leurs portes dans la capitale Ouagadougou.

L’activité était cependant ralentie dans les principaux centres de santé et bureaux de poste de la ville et plusieurs lycées et collèges avaient suspendu leurs cours faute d’enseignants.

A Gaoua (Sud-Ouest), Bobo Dioulasso (Ouest), Koudougou (Centre), Boulsa (Nord) et Koupela (Est), le mouvement était également bien suivi dans les postes de santé et les écoles, selon des habitants joints au téléphone par l’AFP.

En revanche, marchés, banques et postes fonctionnaient à peu près normalement, selon des sources concordantes.

A Ouagadougou, la participation a atteint de 60 à 70%, avec des pics dans certaines usines et le secteur de l’électricité et une participation moindre dans les commerces, où elle avoisine les 20%, a indiqué à l’AFP le responsable syndical Boureima Bamba.

La participation a par ailleurs été estimée à 70% par les syndicats dans 15 des 45 provinces du pays d’où sont parvenues des estimations, a ajouté M. Bamba.

Les syndicats réclament une augmentation rétroactive des salaires et pensions des travailleurs du public, du parapublic et du privé de 25% à compter de janvier 2001.

Ils demandent aussi une réduction “significative et effective” des prix et un approvisionnement régulier en produits de première nécessité tels que le riz, le mil, le maïs, le haricot, l’huile, le sel, le sucre ou le lait.

Ces denrées connaissent une forte inflation depuis plusieurs mois dans ce pays sahélien enclavé, un des plus pauvres du monde.

“Le gouvernement devra prendre conscience que tant que nous n’avons pas de réponses satisfaisantes à notre plate-forme revendicative, nous allons poursuivre la lutte”, a prévenu le porte-parole de la coalition d’une vingtaine de syndicats, Jean Mathias Liliou, lors d’un meeting organisé dans la matinée à la Bourse du travail de Ouagadougou devant une centaine de grévistes.

Aucun des responsables du gouvernement contactés par l’AFP n’a souhaité commenter la grève, alors que plusieurs centaines d’agents de sécurité ont été déployés sur les principales artères de Ouagadougou pour prévenir tout dérapage.

Fin février, des manifestations spontanées contre l’inflation avaient dégénéré en actes de vandalisme dans plusieurs villes, dont la capitale.

Un opposant soupçonné d’avoir organisé le mouvement avait été condamné à trois ans de prison, alors que quarante-quatre personnes impliquées ont écopé de un an d’enfermement.

M. Liliou a prévenu mardi que les syndicats pourraient durcir le mouvement si le gouvernement n’accède pas à leurs revendications.

“Si le gouvernement reste sourd à nos appels, il va nous pousser jusqu’au bout. Il doit ouvrir le dialogue afin que nous nous asseyons pour trouver des solutions radicales mais satisfaisantes et appropriées à nos problèmes”, a expliqué M. Liliou, président de la Confédération syndicale du Burkina (CSB).

En marge de cette grève, des marches-meetings sont prévues mercredi dans l’ensemble du pays par la Coalition contre la vie chère, organe regroupant syndicats et associations qui juge insuffisantes les mesures gouvernementales prises depuis une précédente grève générale de deux jours en avril.

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré avoir eu lundi des discussions “très prometteuses” à Alger sur le projet d’Union pour la Méditerranée (UPM), mais “tout n’est pas réglé”.

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Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner (d) et le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le 12 mai 2008 à Alger
© AFP Fayez Nureldine

ALGER (AFP)“Je peux vous dire que cette visite est fructueuse (…) Mais tout n’est pas réglé” concernant l’organisation et les projets de l’UPM, a déclaré M. Kouchner, à l’issue de sa visite-éclair à Alger. Il avait auparavant qualifié de “très prometteuses” les discussions qu’il avait eues avec le président Abdelaziz Bouteflika.

“Nous avons eu l’occasion d’éclairer un certain nombre de directions qui, du point de vue de la France, sont très prometteuses. J’espère que le président Bouteflika partage mon sentiment”, a dit M. Kouchner, à l’issue d’un entretien suivi d’un déjeuner avec le chef de l’Etat algérien.

M. Kouchner, arrivé lundi matin à Alger, était chargé par le président Nicolas Sarkozy de convaincre Alger de participer au sommet prévu le 13 juillet à Paris pour annoncer officiellement la création de l’UPM. Les invitations pour ce sommet n’ont pas encore été envoyées, a indiqué le ministre.

Outre le chef de l’Etat, M. Kouchner a été reçu par le chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem et son homologue algérien Mourad Medelci.

M. Kouchner a assuré ses interlocuteurs algériens que la déclaration sur l’UPM “est encore à l’état de brouillon”. “Nous n’en publierons rien avant que l’Algérie et d’autres pays n’aient apporté leurs propositions”, a-t-il ajouté.

“L’Algérie est un pays clé dans le projet de l’UPM et nos relations avec le Maghreb commencent par l’Algérie”, a-t-il souligné. Il a dit “attendre de l’Algérie sa participation mais aussi sa contribution effective pour la concrétisation de ce projet”.

Avant de se prononcer officiellement sur leur éventuelle adhésion à l’UPM, Alger attendait de connaître le contenu concret du projet.

M. Medelci a précisé que l’UPM est un projet “qui mérite l’attention” de l’Algérie. “Il est porteur de valeur ajoutée, a pour objectif d’initier une coopération multilatérale entre les deux rives de la Méditerranée et devrait assurer la coordination des projets promis à la réalisation dans les meilleures conditions possibles”, a-t-il souligné.

“L’UPM n’est pas une action venue du nord à titre humanitaire, mais une initiative commune qui fera l’objet de concertation” entre les pays des deux rives de la Méditerranée, a pour sa part affirmé M. Kouchner.

Il a par ailleurs tenté d’apaiser les inquiétudes d’Alger concernant la répartition des rôles au sein de la future organisation méditerranéenne. Il a confirmé que s’il “était question” d’une coprésidence de l’Egypte, pays du sud, aux côtés de la France, pays du nord, de l’UPM, rien n’était arrêté en revanche concernant son architecture et son siège.

“L’organigramme de l’UPM n’est pas arrêté, rien n’est arrêté”, a-t-il dit, récusant des informations publiées en Algérie, selon lesquelles le siège serait installé à Tunis et le secrétariat de l’UPM confié à un Marocain.

M. Kouchner a par ailleurs annoncé que le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, effectuerait fin mai une visite officielle en Algérie, qui sera suivie d’une visite similaire du Premier ministre François Fillon, à une date qui n’a pas encore été arrêtée.

Les deux pays signeront “prochainement” deux accords dans les domaines de coopération militaire et du nucléaire civil, a indiqué M. Medelci, sans donner de détails sur ces accords qu’il a qualifiés d’”importants”.

Des dizaines de ministres africains des Finances, d’experts et de banquiers se retrouvent à Maputo pour la réunion annuelle de la Banque africaine de développement (BAD), dans un contexte tendu de hausse des prix des produits de base, et de flambée des cours du pétrole.

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Le Président de la Banque Africaine de Développement Donald Kaberuka (d) et Joaquim Chissano, le 22 janvier 2008 à Tunis
© AFP/Archives Fethi Belaid

MAPUTO (AFP) Les “assemblées annuelles” organisées par la BAD vont réunir mercredi et jeudi “plus de 1.500 décideurs des secteurs privés et publics, incluant des chefs d’Etat et de gouvernement ainsi que des ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales des 77 pays membres du groupe” de la BAD, selon un communiqué.

Une série de réunions et de séminaires précèdent depuis lundi le sommet proprement dit, portant notamment sur les défis liés à l’urbanisation, l’efficacité de l’aide au développement, ainsi que la présentation du rapport annuel de cette institution financière.

Mais dans les couloirs de la rencontre, on n’évite pas les sujets sensibles du moment, comme la flambée des cours du pétrole ou la forte hausse des prix des produits de première nécessité, notamment alimentaires.

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Evolution des prix des principales céréales en 2007-2008
© AFP/Infographie May

Dans un rapport intitulé “Perspectives économiques en Afrique”, publié dimanche, la BAD a souligné le besoin urgent d’agir face à l’augmentation des prix des aliments, qui a des répercussions graves en Afrique: “A côté de la hausse des prix du pétrole, au cours des trois derniers mois depuis janvier, les prix de quelques-uns des aliments de base les plus importants ont presque doublé”.

Le prix du riz est passé de 373 à 760 dollars la tonne et le maïs de 171 à 220 dollars la tonne.

Le phénomène frappe en particulier les pays les plus pauvres parce que leurs habitants les plus nécessiteux doivent consacrer une proportion accrue de leur revenus à se nourrir.

Environ 135 millions d’Africains seront affectés par la crise provoquée par la flambée des prix des produits alimentaires, a indiqué au début du mois le président de la BAD, Donald Kaberuka, annonçant des mesures pour le secteur agricole, notamment un budget d’un milliard de dollars supplémentaires pour lutter contre la hausse des cours.

Par ailleurs, depuis le 1er mai, le prix du baril de brut a gagné près de 15 dollars. En cinq séances la semaine dernière, il a franchi sans coup férir les barres de 120, 121, 122, 123, 124, 125 et 126 dollars sur un rythme d’un record par jour en moyenne.

Pour les pays africains producteurs, il s’agit d’une bonne chose, même si beaucoup d’entres eux ne transforment pas le pétrole et sont donc obligés d’importer les produits raffinés.

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Cours du baril de “sweet light crude” à New York entre le 1er mai 2007 et le 9 mai 2008
© AFP/Infographie

Pour l’instant, ces problèmes ne handicapent pas la croissance du continent, toujours forte à 5,7% en 2007 globalement, selon un autre rapport rendu public lundi et réalisé conjointement par la Banque africaine de développement (BAD), l’OCDE et la Commission économique pour l’Afrique (CEA) de l’Onu.

“Le taux de croissance du PIB devrait se renforcer autour de 6% en 2008 et rester à ce niveau en 2009″, ajoute ce rapport, soulignant que “la croissance économique s’élargit avec davantage de pays qui doivent atteindre un taux de croissance autour de 5%”.

Le rapport explique cette forte croissance essentiellement par “une forte demande extérieure pour les ressources pétrolières et minières, des investissements plus importants dans ces secteurs, et de bonne conditions climatiques pour l’agriculture.”

13/05/2008 [1 Commentaire]

Source: Georges Njankepo (Mutations)La modification de la constitution est en fait un leurre qui permet au chef de l’Etat de souffler face à la pression de son propre camp afin de préparer sereinement sa succession.

Durant près de 6 mois, après que le président de la République ait répondu à la question sur France24 et aux rumeurs qui emplissaient le landernau politique du triangle national, les Camerounais de tous bords se sont exprimés sur la constitution du Cameroun : faut-il ou pas la modifier, doit-elle rester en l’état ? Aujourd’hui, c’est chose faite : le Cameroun, par la voix des députés à l’Assemblée Nationale a décidé de modifier quelques articles de la loi fondamentale.Notre commentaire sur la situation sociopolitique du Cameroun tourne autour de trois constats:
D’abord cette angoisse permanente et cette méfiance des Camerounais qui sont de grands donneurs de leçons, pour ce dont ils n’ont ni la maîtrise, ni la connaissance et le contrôle, cette capacité à parler de tout et de rien à la fois sans comprendre les ressorts d’une situation. Il en est ainsi de tous les secteurs qui vont du VIH-SIDA, à la CAMAIR, en passant par la vie politique et la sélection nationale de football. Au Cameroun, on s’adonne facilement au sport national préféré qui est la critique dans tous les sens et à contresens. Il faut que nous sachions qu’aux termes de la constitution de 1996, il est envisagé plusieurs possibilités de modification de la constitution, que nous ne sommes qu’au début du processus et que cette constitution subira d’autres modifications.

Sans entrer dans les détails, l’histoire de toutes les nations a été perlée d’avancées, de reculades, de manipulations et de modifications des lois et des constitutions. La constitution, c’est comme disait Montesquieu, ” …une longue conspiration du temps et des esprits… ” Elle est toujours perfectible et son horizon est loin d’être atteint. La vraie question du jour est conjoncturelle et politique et non structurelle et organique, il ne s’agit pas de s’insurger contre la modification de la constitution mais de connaître l’esprit de ces modifications et pour l’heure, les raisons de toutes ces gesticulations dans le propre camp du Président, ce qui nous conduit au deuxième constat.
Les courtisans du Prince sont les plus gênants dans cette affaire, ” Seigneur, je m’occupe de mes ennemis, préserves moi de mes amis…” Entre ceux, conquérants, qui veulent écarter le Prince à tout prix pour faire main basse sur le fauteuil et ceux qui, fébriles, continuent de croire à la jouvence éternelle et à l’immortalité et espèrent s’enraciner dans leurs positions confortables. Ils ont tous peur pour leur avenir, c’est humain : personne, même un prédateur, n’apprécie les zones de turbulences où règne l’incertitude du lendemain. Aussi, laisser partir l’actuel président qui est la clé de voûte du système les inquiète au plus haut point. On le serait à moins, tant il est vrai que certains, voire même la majorité du personnel politique autour du président a vécu dans l’inconscience de son propre avenir et beaucoup ne savent pas ce qu’il adviendra d’eux après le départ du président.

Voici donc posée la question de la survie individuelle et la problématique de la continuité du système, confortée par cette vénération de certains pour le pouvoir et l’argent, aggravée par l’immobilisme pathologique ambiant. Il nous souvient que le départ de feu le président Amadou Ahidjo avait créé quelques remous au sein de la classe dirigeante de l’époque et comme l’histoire a la fâcheuse manie de se répéter, les apparatchiks d’aujourd’hui entrevoient la suite comme un cauchemar et çà, avouons le, c’est profondément humain
Enfin, troisième constat et pas des moindres, ” viol de la démocratie, coup d’état permanent “, les mots sont lâchés. Il suffit d’observer tous les partis politiques sans exception pour remarquer qu’il n’existe nulle part dans la sphère du triangle national et ce, malgré les structures mises en place, le moindre début d’un éventuel rêve de démocratie dans ces organisations, parce que nous sommes encore sous influence de l’héritage du parti unique et de la chefferie traditionnelle, et toute la génération qui dirige ou est en âge de diriger le pays n’a connu que la pensée unique et l’autocratie dominatrice. ” Le parti c’est moi, et après moi, c’est le vide sidéral… que celui qui n’est pas content lève le doigt… “.

Alors, vouloir le changement ou l’alternance comme il est souvent répété à l’envie, c’est pour en faire quoi, sinon pour retransmettre les mêmes travers tribaux, ethniques et sectaires… sinon pour recréer dans un nouvel environnement, les mêmes incohérences qui ont régi le Cameroun durant les 50 dernières années, parce qu’en 1990, tous ceux qui contestaient, ont démontré leur incurie en abandonnant leurs ouailles et en allant à la soupe. Ils sont aujourd’hui repus et disqualifiés pour faire la leçon aux autres.
Cela dit, pour revenir à la réalité politique qui nous occupe, nous avons assisté à une vraie forfaiture de nos députés qui ne connaissent pas les limites de leur rôle ou qui, en toute conscience, se sont complus à aller dans le sens qui arrangeait leurs intérêts parce que l’Assemblée nationale, dans sa configuration actuelle et en l’absence de la Chambre Haute, n’a pas autorité pour modifier la constitution. Mais c’est un détail, c’est un vrai détail parce que si l’opposition était organisée avec un discours homogène et structuré, elle aurait attaqué cette modification et l’aurait rendue invalide sur la foi des textes organiques de cette même Assemblée Nationale et sur la base de la Constitution de 1996 : il s’agit de dialectique démocratique.

Considérant ce qui précède, ceux qui connaissent bien le président de la République savent qu’il ne se représentera pas en 2011 et pour cause, lui aussi aspire au repos compensatoire contrairement à ce que répandent les esprits chagrins qui hantent les salons feutrés et les ” milieux autorisés ” du Cameroun. J’ouvre les paris à ceux qui le souhaitent. D’ailleurs, les subtilités de cette modification donnent un signal fort dont chacun devrait s’abreuver, à propos de l’immunité,
La modification de la constitution est en fait un véritable leurre qui, placé opportunément dans un contexte social difficile, permet au président de souffler face à la pression de son propre camp, aux coups de boutoir de ceux qu’il a contribué à fabriquer, partisans du statu quo ou qui en veulent à son pouvoir, afin de préparer sereinement sa succession. C’est çà la vérité, voilà la réalité, ou à tout le moins, ceci est mon avis. L’histoire jugera…

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