Jacob Zuma, président du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir en Afrique du Sud, a appelé mercredi à une “intensification des interventions” au Zimbabwe et dénoncé les violences post-électorales “pas acceptables” perpétrées dans ce pays.
LONDRES (AFP) Nous devons intensifier les interventions pour nous assurer que les Zimbabwéens reçoivent l’aide de nous tous pour résoudre leurs problèmes”, a déclaré à l’antenne de la radio britannique BBC celui qui est donné comme le successeur probable du président sud-africain Thabo Mbeki en 2009. “Cela veut dire intensifier les interventions de toutes les manières. Je ne suis pas là pour dire comment”, a indiqué le dirigeant de l’ANC.
M. Zuma, qui était à Berlin au début de la semaine, doit rencontrer le Premier ministre Gordon Brown mercredi à Londres, avant d’achever sa tournée européenne à Paris vendredi.
Interrogé par une journaliste de la BBC sur l’existence de milices qui s’en prendraient à ceux qui refusent de soutenir le parti au pouvoir Zanu-PF de Robert Mugabe, M. Zuma a estimé que ces informations étaient véridiques.
“En ce qui concerne ces informations, je pense que c’est ce qui se passe. j’ai publiquement dit qu’il n’était pas acceptable que la situation devienne violente”, a-t-il déclaré. Mais “je ne suis pas sûr que je doive me prononcer et condamner vraiment des gens”, a-t-il nuancé.
Le parti d’opposition zimbabwéen Mouvement pour le changement démocratique (MDC) affirme que 10 de ses membres ont été tués depuis le scrutin du 29 mars par des milices pro-gouvernementales, et accuse le régime du président Robert Mugabe d’avoir déclenché “une guerre” contre ses opposants après le choc de sa première défaite électorale en 28 années de pouvoir.
Le gouvernement zimbabwéen a réfuté lundi l’existence de telles milices, affirmant qu’elles sortaient de l’imagination de l’opposition et des médias occidentaux.
Prié de donner son avis sur la “diplomatie discrète” prônée par le président Mbeki, M. Zuma s’est refusé à critiquer son ex-adversaire politique et a jugé son action positivement.
L’Afrique du Sud “a fait plus que quiconque” dans cette crise, selon lui. “Le président Mbeki est un médiateur (…) Vous ne pouvez pas avoir un médiateur qui prend partie, qui se lève et critique. De tous les dirigeants, Mbeki est le seul qui peut rendre compte de ce qu’il a fait au Zimbabwe”.
Thabo Mbeki s’était rendu à Londres début avril pour des entretiens avec Gordon Brown, à l’issue desquels il avait déclaré que la situation au Zimbabwe était “encore gérable”, jugeant qu’il fallait attendre la publication des résultats des élections.
M. Zuma n’a pas critiqué non plus le président zimbabwéen Robert Mugabe et a désigné la commission électorale comme responsable du retard dans l’annonce des résultats de l’élection.









