Publié par : imagazinefr | 13 mai 2008

Burkina: débuts timides de 72 heures de grève contre le coût de la vie

Burkina: débuts timides de 72 heures de grève contre le coût de la vie

© AFP
le marché Sin Yiti, le 22 août 2007 à Ouagadougou (Burkina Faso)
© AFP/Archives

OUAGADOUGOU (AFP)Une grève générale de trois jours a débuté timidement mardi au Burkina Faso à l’appel de plusieurs syndicats qui réclament des augmentations de salaires et un approvisionnement régulier de produits de base, dont les prix ont fortement augmenté ces derniers mois.

La plupart des services bancaires et administratifs ainsi que les assurances avaient tout de même ouvert leurs portes dans la capitale Ouagadougou.

L’activité était cependant ralentie dans les principaux centres de santé et bureaux de poste de la ville et plusieurs lycées et collèges avaient suspendu leurs cours faute d’enseignants.

A Gaoua (Sud-Ouest), Bobo Dioulasso (Ouest), Koudougou (Centre), Boulsa (Nord) et Koupela (Est), le mouvement était également bien suivi dans les postes de santé et les écoles, selon des habitants joints au téléphone par l’AFP.

En revanche, marchés, banques et postes fonctionnaient à peu près normalement, selon des sources concordantes.

A Ouagadougou, la participation a atteint de 60 à 70%, avec des pics dans certaines usines et le secteur de l’électricité et une participation moindre dans les commerces, où elle avoisine les 20%, a indiqué à l’AFP le responsable syndical Boureima Bamba.

La participation a par ailleurs été estimée à 70% par les syndicats dans 15 des 45 provinces du pays d’où sont parvenues des estimations, a ajouté M. Bamba.

Les syndicats réclament une augmentation rétroactive des salaires et pensions des travailleurs du public, du parapublic et du privé de 25% à compter de janvier 2001.

Ils demandent aussi une réduction “significative et effective” des prix et un approvisionnement régulier en produits de première nécessité tels que le riz, le mil, le maïs, le haricot, l’huile, le sel, le sucre ou le lait.

Ces denrées connaissent une forte inflation depuis plusieurs mois dans ce pays sahélien enclavé, un des plus pauvres du monde.

“Le gouvernement devra prendre conscience que tant que nous n’avons pas de réponses satisfaisantes à notre plate-forme revendicative, nous allons poursuivre la lutte”, a prévenu le porte-parole de la coalition d’une vingtaine de syndicats, Jean Mathias Liliou, lors d’un meeting organisé dans la matinée à la Bourse du travail de Ouagadougou devant une centaine de grévistes.

Aucun des responsables du gouvernement contactés par l’AFP n’a souhaité commenter la grève, alors que plusieurs centaines d’agents de sécurité ont été déployés sur les principales artères de Ouagadougou pour prévenir tout dérapage.

Fin février, des manifestations spontanées contre l’inflation avaient dégénéré en actes de vandalisme dans plusieurs villes, dont la capitale.

Un opposant soupçonné d’avoir organisé le mouvement avait été condamné à trois ans de prison, alors que quarante-quatre personnes impliquées ont écopé de un an d’enfermement.

M. Liliou a prévenu mardi que les syndicats pourraient durcir le mouvement si le gouvernement n’accède pas à leurs revendications.

“Si le gouvernement reste sourd à nos appels, il va nous pousser jusqu’au bout. Il doit ouvrir le dialogue afin que nous nous asseyons pour trouver des solutions radicales mais satisfaisantes et appropriées à nos problèmes”, a expliqué M. Liliou, président de la Confédération syndicale du Burkina (CSB).

En marge de cette grève, des marches-meetings sont prévues mercredi dans l’ensemble du pays par la Coalition contre la vie chère, organe regroupant syndicats et associations qui juge insuffisantes les mesures gouvernementales prises depuis une précédente grève générale de deux jours en avril.


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