Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré avoir eu lundi des discussions “très prometteuses” à Alger sur le projet d’Union pour la Méditerranée (UPM), mais “tout n’est pas réglé”.
![]() Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner (d) et le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le 12 mai 2008 à Alger © AFP Fayez Nureldine |
ALGER (AFP)“Je peux vous dire que cette visite est fructueuse (…) Mais tout n’est pas réglé” concernant l’organisation et les projets de l’UPM, a déclaré M. Kouchner, à l’issue de sa visite-éclair à Alger. Il avait auparavant qualifié de “très prometteuses” les discussions qu’il avait eues avec le président Abdelaziz Bouteflika.
“Nous avons eu l’occasion d’éclairer un certain nombre de directions qui, du point de vue de la France, sont très prometteuses. J’espère que le président Bouteflika partage mon sentiment”, a dit M. Kouchner, à l’issue d’un entretien suivi d’un déjeuner avec le chef de l’Etat algérien.
M. Kouchner, arrivé lundi matin à Alger, était chargé par le président Nicolas Sarkozy de convaincre Alger de participer au sommet prévu le 13 juillet à Paris pour annoncer officiellement la création de l’UPM. Les invitations pour ce sommet n’ont pas encore été envoyées, a indiqué le ministre.
Outre le chef de l’Etat, M. Kouchner a été reçu par le chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem et son homologue algérien Mourad Medelci.
M. Kouchner a assuré ses interlocuteurs algériens que la déclaration sur l’UPM “est encore à l’état de brouillon”. “Nous n’en publierons rien avant que l’Algérie et d’autres pays n’aient apporté leurs propositions”, a-t-il ajouté.
“L’Algérie est un pays clé dans le projet de l’UPM et nos relations avec le Maghreb commencent par l’Algérie”, a-t-il souligné. Il a dit “attendre de l’Algérie sa participation mais aussi sa contribution effective pour la concrétisation de ce projet”.
Avant de se prononcer officiellement sur leur éventuelle adhésion à l’UPM, Alger attendait de connaître le contenu concret du projet.
M. Medelci a précisé que l’UPM est un projet “qui mérite l’attention” de l’Algérie. “Il est porteur de valeur ajoutée, a pour objectif d’initier une coopération multilatérale entre les deux rives de la Méditerranée et devrait assurer la coordination des projets promis à la réalisation dans les meilleures conditions possibles”, a-t-il souligné.
“L’UPM n’est pas une action venue du nord à titre humanitaire, mais une initiative commune qui fera l’objet de concertation” entre les pays des deux rives de la Méditerranée, a pour sa part affirmé M. Kouchner.
Il a par ailleurs tenté d’apaiser les inquiétudes d’Alger concernant la répartition des rôles au sein de la future organisation méditerranéenne. Il a confirmé que s’il “était question” d’une coprésidence de l’Egypte, pays du sud, aux côtés de la France, pays du nord, de l’UPM, rien n’était arrêté en revanche concernant son architecture et son siège.
“L’organigramme de l’UPM n’est pas arrêté, rien n’est arrêté”, a-t-il dit, récusant des informations publiées en Algérie, selon lesquelles le siège serait installé à Tunis et le secrétariat de l’UPM confié à un Marocain.
M. Kouchner a par ailleurs annoncé que le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, effectuerait fin mai une visite officielle en Algérie, qui sera suivie d’une visite similaire du Premier ministre François Fillon, à une date qui n’a pas encore été arrêtée.
Les deux pays signeront “prochainement” deux accords dans les domaines de coopération militaire et du nucléaire civil, a indiqué M. Medelci, sans donner de détails sur ces accords qu’il a qualifiés d’”importants”.
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