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11 septembre 2009Steve Mandanda, le gardien de but de l’OM et des Bleus
13 octobre 2008Arrivé en France à 2 ans, Steve Mandanda en a 23 ans, il est né le 28 mars 1985 à Kinshasa en République Démocratique du Congo. Il a un corps de monstre, un vrai colosse 1,85m – 82 kg dans sa cage de but. Steve Mandanda est l’aîné d’une dynastie des gardiens de but, ses trois frères sont aussi gardien de but comme lui dont Parfait Mandanda, le gardien des Léopards, l’équipe nationale de la République Démocratique du Congo.
Riffi, le cadet, lui, joue au Stade Malherbe de Caen et est aussi le gardien de l’équipe de France des -16 ans. Quant à Over, qui a 9 ans, il s’amuse énormément. Chez Steve Mandanda, les émotions ne transpirent jamais, le numéro 30 de l’Olympique de Marseille (OM) et le numéro 1 des Bleus, l’équipe nationale française a une carapace qui ne se lézarde que rarement. Son immense talent et sa maturité impressionnent, tant dans la cage marseillaise qu’en dehors. Révélation de la saison, Steve Mandanda, la révélation de la Ligue 1 en France, possède d’un atout majeur : il est hermétique à toute forme de pression et est entrain de découvrir un autre aspect de sa gloire naissante : la popularité.
Issu d’un père électricien et d’une mère aide-soignante, il n’y était pas préparé, lui qui a grandi à la Madeleine, une cité chaude d’Evreux. ” Au Havre (2005-2007), j’étais tranquille mais à Marseille, je ne peux plus trop sortir. Je m’adapte ” dit-il. Steve Mandanda est très réservé et n’aime pas se mettre en avant. La renommée ne l’a pas transformé. Seul son statut a changé. Steve Mandanda est toujours très concentré et prudent comme sur un terrain de football.
Existe-t-il un décalage entre votre image publique – celle d’un jeune gardien de buts calme, posé, insensible à la pression – et ce que vous êtes réellement dans la vie ?
Steve Mandanda : ” Je ne pense pas. J’ai toujours été comme ça, mes parents pourraient en témoigner. Je prends naturellement du recul par rapport aux événements, positifs ou négatifs. Il faut toujours s’efforcer de chasser les mauvaises ondes pour se concentrer rapidement sur ce qui va arriver.
Ce que vous dites s’applique à l’action sur le terrain pendant un match… S’il y a un secret, je crois que c’est celui-ci. Le plus important, c’est le prochain arrêt ou la prochaine intervention que je dois effectuer. Le reste, le passé, n’a que très peu d’importance.
Pourtant, il y aurait de quoi péter les plombs parfois, non ? Plus rien ne me choque dans le foot. J’en ai déjà tellement vu. Prenez les cris racistes par exemple. J’étais à Madrid la semaine dernière avec l’OM pour la Ligue des champions et l’ambiance, de ce point de vue-là, était pourrie. Pourtant, il faut faire avec…
Et donc faire comme si c’était normal ?
Non, bien entendu ce n’est pas normal mais ce n’est pas surprenant. Il faut simplement savoir anticiper ce genre de situation pour que la colère reste à l’intérieur. Elle ne doit en aucun cas déborder. Sinon, c’est fini…
Vous parlez déjà avec la sagesse d’un pro en fin de carrière…
(Il sourit) Et pourtant, je n’ai absolument rien fait du tout. Mon palmarès est totalement vierge, contrairement à d’autres joueurs français, champions du monde, champions d’Europe ou vainqueurs de la Ligue des champions. Et je suis bien conscient de n’être qu’au début de la route.
Au début de la route, peut-être, mais déjà dans la peau du gardien des Bleus. Est-ce que vous vous dites parfois que votre progression est un peu trop rapide ?
Non, jamais. Il faut saisir toutes les opportunités. Il y a un an, en début de saison, j’avais le statut de gardien remplaçant à l’OM. Comme je venais du Havre, qui évoluait alors en Ligue 2, je n’avais aucune expérience de l’élite et aucun club de Ligue 1 ne voulait me faire confiance. À Marseille, on m’a proposé un poste de doublure. J’ai accepté parce que je savais que j’allais pouvoir disputer quelques matches de temps en temps, en Coupe de la Ligue par exemple.
Et tout s’accélère au moment où Cédric Carrasso, le gardien titulaire, se blesse gravement, à la fin du mois d’août 2007. Sinon, vous seriez peut-être encore gardien remplaçant de l’OM en ce moment… Ce n’est pas impossible. En tout cas, c’est le genre de scénario qui fait dire à certains que j’ai eu pour l’instant beaucoup de chance dans ma carrière. Mais ce qu’ils oublient de dire, c’est que lorsque tu te retrouves pour la première fois dans les buts de l’OM, tu es tout seul et tu ne peux compter que sur toi-même. Idem lorsqu’on est allé jouer et gagner à Liverpool. En réalité, au poste de gardien, le marché est tellement restreint qu’il y a quelques matches très importants à ne pas rater. Si ça marche, ta carrière est lancée, sinon, tu recules de plusieurs cases.
Si il y a bien un poste sous pression dans le football, en dehors de celui d’entraîneur ou de sélectionneur national, c’est effectivement celui de gardien. Comment faites-vous pour évacuer le stress ?
C’est toute la spécificité du poste de gardien. Notre ennemi, ce n’est pas la fatigue physique, c’est l’usure mentale. Depuis le début de la saison, il y a deux mois, j’ai déjà joué une quinzaine de matches. Tous les trois jours, il faut se remobiliser et ce n’est pas toujours évident. Pour couper entre les rencontres, je dors beaucoup et je passe pas mal de temps devant la télé.
Qu’est-ce qui change lorsqu’on devient le numéro 1 des numéros 1 ?
A l’OM, je porte toujours le numéro 30. On m’a donné ce maillot à mon arrivée au club l’an dernier, et je l’ai tout simplement gardé.
Justement, en quoi votre vie et votre métier ont changé depuis que vous occupez le poste de gardien de l’équipe de France ?
C’est le regard du monde extérieur qui évolue. Tout le monde attend tellement du gardien numéro 1 que ses erreurs prennent un relief tout particulier. C’est ce qu’il y a de plus compliqué à gérer. Surtout, quand je me prends un but que l’on peut qualifier ” d’évitable “, cela prend désormais des proportions beaucoup plus importantes.
En équipe de France, on ne peut pas dire que, pour l’instant, vous ayez goûté aux meilleurs moments… Faire partie de la sélection pour l’Euro a été une telle satisfaction que je ne peux pas en garder un souvenir malheureux. Oui, sur le terrain, on a échoué. Mais sur le plan personnel, j’ai acquis beaucoup d’expérience. Je connaissais la pression psychologique à l’Olympique de Marseille, j’ai découvert celle des Bleus et je peux vous dire que cela n’a rien à voir. Tout est plus grand en sélection nationale, tout va plus vite, et pourtant, au milieu de tout ça, il faut garder la tête froide.
La chape de plomb qui pèse sur la tête du sélectionneur déteint-elle sur l’ambiance à l’intérieur de l’équipe ?
Cela ne devrait pas, mais, en pratique, évidemment, c’est difficile de ne pas ressentir cette pression extérieure. Après, sur le terrain, notre métier consiste justement à tout donner et à faire abstraction du reste. Heureusement que l’on ne s’est pas arrêté de jouer face à la Serbie parce qu’il y avait des ” Domenech, démission ! ” qui venaient des tribunes.
Avez-vous parfois la nostalgie du foot de votre enfance ?
Pas du tout. J’étais très heureux dans mon club d’Évreux où j’ai joué jusqu’à mes quinze ans mais je ne vais pas commencer à me plaindre du foot professionnel alors qu’il m’a donné tellement de joies en si peu de temps !
Défense : Le Gabon et son concept d’armée en «O.R »
12 avril 2008Gervais Oniane, spécialiste des questions de défense et de sécurité et
Isabelle Chanel, directeur d’Europe Orient.
Pays pétrolier d’à peine un million d’habitants situé sur la cote ouest de l’Afrique centrale, le Gabon est aujourd’hui l’un des rares pays du continent africain à n’avoir jamais connu de guerres. Affranchi de la tutelle coloniale en 1960, ce pays est dirigé depuis 1967 par le président El Hadj Omar BONGO ONDIMBA, qui vient de fêter ses 40 ans de pouvoir.
Doyen des Chefs d’état d’Afrique et du monde, le président gabonais qui a connu tous les présidents français de la Vème république, de Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy, a su en fin stratège traverser toutes les époques, de la guerre froide à la mondialisation, en s’adaptant à toutes les tendances lourdes qui ont marqué l’évolution du continent africain et du monde. L’une de ces tendances loures concerne le retour en 1990 des régimes démocratiques en Afrique. Pour garantir la pais et la stabilité dans son pays, et éviter la détérioration des relations civilo-militaires, le président gabonais expérimente ainsi depuis quelques années, un nouveau modèle d’armée reposant sur le concept novateur d’Armée en OR dont nous allons ici tenter de présenter les grandes lignes
Le contre exemple zaïrois
L’année 1990 est une année de référence dans l’analyse de l’évolution du continent africain. Elle consacre le retour du pluralisme démocratique sur le continent. Mais bien plus encore, elle amorce une nouvelle tendance lourde qui a profondément modifié l’origine des conflits armés. Avant 1990 les conflits armés étaient en effet pour la plupart, d’origine externe. Les pays riches du continent notamment ceux producteurs de pétrole craignaient la convoitise de leurs voisins qui, à la solde d’une puissance étrangère, pouvaient tenter de les déstabiliser
On a ainsi vu des pays parsemés de minerais divers comme l’ex-zaïre se doter d’armées de plus de 50 000 hommes formés essentiellement pour faire face à toute menace d’origine externe. Mais lorsque ces 50 000 hommes ont du faire face à des mouvements internes menées par des populations revendiquant plus de pain et de liberté, la grande armée zaïroise, dont les militaires vivaient aussi mal que le peuple dans son intégralité, a laissé tomber le « Grand Léopard » Mobutu devant une « bande de gosses » conduit par Laurent Désiré Kabila.
Au Gabon, deux enseignements majeurs ont été tirés de cette malheureuse expérience. Le premier concerne l’importance de la menace interne qui, pour être amoindrie nécessite l’amélioration des conditions de vie et de travail des personnels militaires. Le deuxième enseignement concerne, quant à lui, la nécessaire mise en place d’un système de sécurité collective à l’échelle sous – régionale, pour être capable de faire face à toute menace d’origine aussi bien interne qu’externe.
Le modèle gabonais
A partir des leçons tirée du contre-exemple zaïrois le président du Gabon a dès sa réélection de décembre 1998, mis en place un nouveau gouvernement au sein duquel le ministre de la défense nationale a reçu une mission très précise et directe : travailler pour la mise en place d’une armée en or, c’est-à-dire « O » comme opérationnelle et « R » comme républicaine.
Depuis janvier 1999, le ministre de la défense s’est donc mis au travail pour mettre en application les instructions reçues du Chef de l’état. Pour rendre l’armée gabonaise plus opérationnelle priorité a donc été donnée à la remise en état des matériels et à la signature d’accords sous régionaux.
En raison de la mobilisation des ressources au profit des nouvelles institutions démocratiques au Gabon, le budget du ministère de la défense avait connu une baisse drastique depuis le début des années 1990. Il s’en est aussitôt suivi une baisse de l’activité opérationnelle, notamment au sein de l’aviation de chasse, dont de nombreux appareils en fin de butée calendaire étaient restés cloués au sol. Or, grâce aux nouvelles orientations du président Bongo qui a remis la défense au rang des principales priorités de l’action gouvernementale, une remise à niveau des équipements a été progressivement réalisée. C’est ainsi que l’on peut constater la reprise des activités de l’aviation de chasse, et la montée en puissance de la marine nationale et celle de l’armée de terre.
Au delà des équipements des accords de coopération militaire sont également venus renforcer la capacité opérationnelle des troupes gabonaises. Ces accords ayant pour but la mise en place d’un système de sécurité sous régional ont été formalisés par la création en 1999 du conseil de pais et de sécurité de l’Afrique centrale COPAX. Le Gabon et ses pays frères de la communauté des états d’Afrique centrale CEEAC bénéficient enfin depuis lors, d’un pacte de non agression et d’un accord d’assistance mutuelle en cas d’agression d’un pays membre.
Fort de l’aura de son président, reconnu pour ses talents de médiation dans la résolution des conflits à travers le monde, le Gabon assume désormais son leadership en Afrique centrale tant dans le domaine de la prévention des conflits que dans celui du maintien et du rétablissement de la paix.
En plus d’une base militaire française, Libreville abrite le siège du mécanisme d’alerte rapide de l’Afrique centrale MARAC. L’état major sous régional de la force multinationale de l’Afrique centrale FOMAC a également choisi la capitale gabonaise pour installer son siège. En matière de sécurité collective en Afrique le Gabon est donc appelé à jouer un rôle déterminant.
Depuis la manœuvre Gabon 2000 qui fut un événement, des exercices conjoints sont régulièrement organisés au Gabon. Avec l’assistance technique de la France, les pays d’Afrique centrale ont désormais appris à manœuvrer ensemble en état major mixte interarmées. C’est ce qui permet aujourd’hui la projection avec succès des troupes multinationales sous commandement gabonais en république centrafricaine.
L’armée en or de demain
Au Gabon l’armée en or de demain, sera une armée qui au delà de sa capacité opérationnel, est avant tout une armée républicaine. Par cela on entend selon les directives du Chef de l’état, une armée au service du développement. Pour cela, les populations doivent percevoir de façon concrète l’importance de leur armée dans les activités de la vie courante. Trois axes d’effort et trois corps ont été retenus à cet effet : le génie militaire, la santé militaire et le prytanée militaire.
A travers un génie militaire dont la montée en puissance se poursuit, l’armée gabonaise participe ainsi à la réalisation des grands travaux de construction, notamment dans l’aménagement du réseau routier des zones enclavées. Dans un pays ou le mauvais état des routes fait couler beaucoup d’encre, l’implication de l’armée est donc très appréciée.
Bien plus encore, l’inauguration en décembre 2005 d’un hôpital militaire ultra moderne à Libreville, fait à ce jour la fierté du pays. Fierté de voir le Gabon doté de la structure hospitalière la plus performante de toute l’Afrique centrale, fierté aussi de voir les militaires jouir de tant de considération de la part des civils qui ne pensaient pas trouver autant de médecins en uniforme. Les militaires ne font pas que la guerre mais peuvent préparer la paix, ils peuvent aussi soigner et sauver des vies. Afin de démontrer qu’il n’y a pas que des « tordus » dans l’armée, le président Bongo a ouvert un Prytanée militaire qui reçoit sur concours, les meilleurs élèves des écoles primaires du Gabon.
Une fois admis les élèves du Prytanée militaire de Libreville sont entièrement pris en charge par le budget de la défense nationale. Les élèves « tant mis dans des fonctions idéales de réussite, la barre de passage en classe supérieure est fixée à 13 /20 et aucun redoublement n’est toléré. Ouvert depuis sept ans, le Prytanée militaire de Libreville qui prépara sa première promotion de bacheliers est aujourd’hui l’une des plus belles contributions de l’armée à la formation de la future élite civile et militaire du Gabon.
Avec une armée opérationnelle et républicaine et des relations civilo-militaires au beau fixe le modèle gabonais d’armée en or pourrait très bien faire école à travers l’Afrique. A ce jour le plus grand danger pour les régimes en place, ce n’est pas tant le pays voisin ou l’absence de démocratie mais plutôt la misère des soldats et l’inutilité de l’armée dans le développement des pays africains.
Le Redoutable : Le premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins
10 avril 2008À La Cité de la Mer de Cherbourg, vous pouvez visiter Le Redoutable, premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins
Isabelle Chanel

Premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins considéré comme l’un des fleurons de la Force Océanique stratégique est depuis quelques années un site d’exposition totalement unique au monde, à La Cité de la Mer.
Celui qui en son temps a remporté un triple défi stratégique, technologique et humain est ouvert au public, permettant aux visiteurs d’embarquer à son bord et de pénétrer dans l’univers très secret des sous-marins nucléaires grâce à la reconstitution d’ambiances sonores et d’audio-guides.
Ce bâtiment de 128 m de long embarquait une centrale nucléaire, 16 missiles et 130 hommes d’équipage.
Pour qui n’a jamais pénétré dans un sous-marin, la visite du redoutable constitue un souvenir inoubliable.
Guidé par la voix du Commandant de bord (audio-guide en 4 langues), le visiteur le parcourt de la poupe à la proue, découvrant les éléments de propulsion et de production d’énergie, la tranche missile, le poste de commande, ainsi que les lieux de vie : coursive, chambrée, cafétéria… on s’attendrait presque à y croiser des hommes d’équipage !
Symbole de l’indépendance militaire française et du principe de dissuasion pendant la Guerre Froide, Le Redoutable a été lancé par le Général de gaulle en 1967. Prés de 4500 personnes et 10 années ont été nécessaire à sa construction à l’arsenal de Cherbourg.
Après 20 ans de service, Le Redoutable a regagné Cherbourg en 1991. Dénucléarisé dans les ateliers DCNS, la tranche abritant le réacteur à été remplacé par une tranche factice. De multiples aménagements ont été faits pour la visite du public, sans nuire aux installations originelles. Il a rejoint désormais une cale sèche au flanc du Pavillon des Expositions Permanentes.
La construction des sous-marins fait partie des plus grands défis technologiques.
Avant de parvenir aux performances techniques actuelles, des siècles de recherche ont été nécessaires. Dans la galerie des sous-marins, les maquettes fournies par DCNS et Technicatome expliquent les techniques de construction et de propulsion, ainsi que les dernières innovations technologiques en matière de détection et de discrétion acoustique.
Dans la salle de pilotage interactif, vous pourrez apprendre quelques rudiments (navigation, détection, discrétion et transmission à bord) avant de devenir commandant de bord !
Si vous souhaitez visiter le Redoutable n’hésitez pas à nous contacter
ABKHAZIE : Les raisons du conflit, la réalité actuelle et les perspectives d’avenir
9 avril 2008
ABKHAZIE : Les raisons du conflit, la réalité actuelle et les perspectives d’avenir
Rencontre avec Shota MALASHKHIA Député, Président de la Commission parlementaire traitant des questions d’intégrité territoriale Et Isabelle CHANEL , directeur d’Europe Orient.
INFORMATION GÉNÉRALE SUR L’ABKHAZIE
Surface : 8 700 km2 (12,5% du territoire géorgien)
Selon les données de 1989, 526 800 personnes habitaient de manière permanente sur le territoire de la République Autonome d’Abkhazie (9,7% de la population de Géorgie).
Géorgien – 239.3 mille (45.6%), Abkhaze – 93.3 mille (17.7%), Arménien – 76.5 mille (14.6%),
Russe – 74.9 mille (14.3%), Grec – 14.7 mille (2.8%), Ukrainien – 11.6 mille (2.2%),
Biélorusse – 2.1 mille (0.4%), Juif – 1.7 mille (0.3%), Ossète – 1.2 mille (0.2%), Tatare – 1.1 mille (0.2%), Azerbaidjanais – 571 (0.1%).
Avant le conflit 40 000 familles mixtes géorgiano–abkhazes ont été enregistrées sur ce territoire.
En 1998 (selon les données de la mission de l’ONU) jusqu’à 200 mille personnes habitaient sur le territoire de l’Abkhazie.
En 1992-1993, plus de 14 000 personnes sont mortes pendant la guerre.
En 1993, suite à la purification ethnique, effectuée contre les géorgiens, 350 000 personnes ont été obligées de quitter leurs maisons et sont devenues des réfugiés.
LES FORCES DE PAIX
Au cours des années 1993-1994, à la fin des actions militaires (1992-1993), plusieurs cas de violations des droits de l’homme ont été constatés dans la zone du conflit, cependant il est à noter qu’après l’introduction du contingent de paix russe ces violations ont pris de l’ampleur et se poursuivent encore aujourd’hui.
Avec la médiation de la Fédération Russe, le 14 mai 1994, les parties géorgienne et abkhaze ont signé un accord sur « le cessez-le-feu et la séparation des forces ». Le 24 juin
1994 les forces de paix de CEI sont entrées dans la zone de conflit (1600 soldats avec leur armement).
LE KOSOVO, UNE FAUSSE SIMILARITÉ
Depuis la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo, la partie russe fait un parallèle entre la reconnaissance de cette indépendance et la question abkhaze. Cette comparaison est infondée. Au Kosovo, le régime Milosevitch a perpétré le génocide des populations Albanaises. Ce fait a été reconnu par l’ONU, l’OSCE et d’autres organisations internationales. La reconnaissance de l’indépendance du Kosovo par l’Occident est une forme de contrepartie du génocide des Albanais. En Abkhazie la situation est tout autre, la purification ethnique a été effectuée à l’encontre des Géorgiens (ce fait est confirmé aux sommets de l’OSCE à Budapest en1994, à Lisbonne en 1996 et à Istanbul en 1999). Ainsi, la reconnaissance de l’indépendance de l’Abkhazie serait un encouragement du régime organisateur de la purification ethnique et non pas le soutien des victimes de cette même purification ethnique.
Au cours du 20ème siècle, les Albanais constituaient la majorité de la population du Kosovo
(selon le recensement de 1924 – 64%, selon le recensement de 1991 – 82%). D’après les données de l’ONU, suite au génocide et la purification ethnique organisée par le régime de Milosevitch, au début de 1991, 850 000 Albanais du Kosovo ont été obligés de quitter leurs maisons et sont devenus réfugiés. La même année après l’intervention active de l’OTAN et de l’ONU la purification ethnique a été arrêtée. Sur ce territoire l’ONU s’est engagé à effectuer le rôle du gouvernement provisoire, les troupes de l’OTAN ont créé les garanties de sécurité pour le retour des réfugiés albanais (en deux semaines 400 000 réfugiés sont retournés chez eux et actuellement, 90% de la population du Kosovo est consituée d’Albanais). C’est après le retour de la grande majorité de réfugiés, en 2004, sous le contrôle de l’ONU, que se sont déroulées au Kosovo, les élections législatives et présidentielles, suivies du référendum concernant l’indépendance. Le 28 février 2008 le Kosovo déclarait son indépendance.
Dans le même temps, la purification ethnique en Abkhazie, a conduit 60% de la population, en majorité des géorgiens (240 000 géorgiens) a fuir et conserve jusqu’à aujourd’hui le statut de réfugié. Seulement 312 géorgiens sont retournés sous l’égide de l’ONU.
Ainsi, la solidarité envers l’indépendance du Kosovo signifie le soutien aux victimes (de leur sécurité) de la purification ethnique, à l’inverse les partisans de l’indépendance de l’Abkhazie vont soutenir les organisateurs de la purification ethnique.
LES EFFETS DU NETTOYAGE ETHNIQUE
Regardons par exemple les effets de ce nettoyage ethnique dans le système éducatif.
En 1991, avant le conflit en Abkhazie, 313 établissements d’enseignement secondaire fonctionnaient en Abkhazie. Parmi eux il y avait 122 écoles géorgiennes, 52 – abkhazes, 38
– russes, 42 – arméniennes et 56 écoles mixtes. Il y avait, également, 5 établissements d’enseignement supérieur.
Selon les données actuelles il y a, en Abkhazie, 175 écoles secondaires, dont 121 sont abkhases, 39 – arméniennes, 15 – russes et seulement 9 écoles géorgiennes dans quelques villages de la région de Gali, mais la plupart ont été pillées et détruites.
Il n’y a plus que deux établissements d’enseignement supérieur qui sont de fait des filiales d’écoles supérieures russes.
L’anomalie d’une telle situation est d’autant plus évidente si nous prenons en considération l’histoire de plusieurs siècles de coopération réussie entre les Géorgiens et les Abkhazes. Pendant des siècles les représentants de ces deux nations aborigènes ont cohabité sur ce territoire, partie de l’Etat de Géorgie. Soulignons que la majorité de la population d’Abkhazie n’a pas pris part aux actions militaires.
UNE MINORITÉ … MAJORITAIRE !
La Géorgie indépendante a toujours pris en considération les intérêts des minorités nationales. Le 31 mars 1991 a eu lieu le référendum en faveur de l’indépendance de la Géorgie. Ce même référendum s’est tenu en République Autonome d’Abkhazie. Parmi les anciennes républiques de l’Union Soviétique, la Géorgie a été l’une des premières républiques à déclarer son indépendance, le 9 avril 1991. Le 9 juillet 1991 une nouvelle loi électorale a été adoptée en Abkhazie, donnant la majorité dans le Conseil Suprême de l’Abkhazie a la minorité ethnique :
28 places – aux Abkhazes (17% de la population) ;
26 places – aux Géorgiens (46% de la population) ;
11 places – aux représentants de différents groupes ethniques.
La même loi établissait que le président du Conseil Suprême d’Abkhazie serait un Abkhaze qui aurait deux adjoints – un géorgien et l’autre d’une autre nationalité, et au poste du président du cabinet des ministres un Géorgien était nommé. Une telle répartition donnant un tel avantage représentatif à une minorité ethnique reste sans précédent dans les constitutions européennes.
Le gouvernement géorgien a proposé d’attribuer à la République Autonome d’Abkhazie les droits les plus étendus et souhaite le règlement de toutes les questions litigieuses avec la participation des organisations internationales.
Le 28 mars, le Président de Géorgie a proposé à la partie abkhaze un nouveau plan de paix, qui prévoit des propositions concrètes, notamment, la création du poste du Vice-président réservé à un Abkhaze d’origine, la participation des Abkhazes au Parlement et au Gouvernement de Géorgie, l’attribution du droit de veto aux Abkhazes sur toutes les lois essentielles concernant l’Abkhazie, dans l’objectif de la réhabilitation économique de cette région, la création de zones économiques libres et le contrôle bilatéral des ports maritimes, la fusion progressive des institutions de maintien de l’ordre et des services de douane et des garanties internationales pour assurer l’autonomie et la sécurité de l’Abkhazie.
LES VOIES DE RECOURS
L’Etat de Géorgie, alors que son pouvoir juridictionnel ne couvre plus les régions conflictuelles, n’a pas la possibilité de garantir les droits des citoyens habitant sur ce territoire. En dépit de plusieurs tentatives du gouvernement géorgien et des organisations internationales d’améliorer la situation des droits de l’homme dans les régions conflictuelles de Géorgie, les droits de l’homme sont encore bafoués. Sur ces questions la Cour Européenne des Droits de l’Homme a été saisie. Plusieurs affaires examinées par la Cour Européenne peuvent nous servir de précédent et de référence pour la protection des intérêts de nos citoyens.
Pour préparer l’examen des saisines faites, la Commission temporaire des questions de rétablissement de l’intégrité territoriale du Parlement de Géorgie a préparé les projets de résolution suivants (Abkhazie et ex-région autonome de l’Ossétie du Sud) :
1. création de la commission d’Etat d’études des dommages ;
2. l’annonce d’un appel d’offre international d’une société juridique pour porter ces affaires devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme afin d’indemniser les dommages.
Les projets mentionnés ont été admis à l’unanimité à la séance plénière du Parlement géorgien du 17 mars 2006.
Pour la réintégration des citoyens dans leurs droits le programme présidentiel « Ma maison » a été mis en place. Par arrêté du 14 février 2006, un vaste programme d’enregistrement des biens immobiliers, afin de constituer une base de donnée complète, est en cours dans les régions d’Abkhazie et de Tskhinvali. Ce programme permettra d’établir
« la propriété juridique » de ces biens, et servira pour les plaintes portées à la Cour Européenne sur le droit de la propriété.
Selon l’avis du Parquet Général de Géorgie et du Parquet de la République Autonome d’Abkhazie sur les circonstances établies dans l’affaire pénale (1992-1999) portant sur le génocide de la population géorgienne en République Autonome d’Abkhazie : « le conflit militaire en Abkhazie a engendré 3,12 milliards de USD de dégât matériel, le dommage aux biens des résidents représente 5,18 milliards de USD, la perte de la production nationale dans les années 1993-1998 s’élève à 2,41 milliards de USD. Soit au total 10 milliards de USD de dommages qui au fil du temps atteint aujourd’hui le montant considérable de 20 milliards de dollars, ce qui représente 4 fois le budget annuel géorgien.
Pour conduire un parallèle, on peut rappeler qu’en Lettonie une commission similaire a été créée pour évaluer les dommages causés par « l’occupation soviétique ». La création de la commission a suivi l’adoption de la déclaration par l’Assemblée en 2005 sur « le blâme de la politique du régime totalitaire d’occupation de l’URSS sur le territoire de Lettonie ». Seront évalués les dommages subis par l’Etat et par les personnes physiques. Une décision analogue est en préparation en Lettonie qui a déclaré à l’Assemblée qu’un milliard de dollars devait être réclamé par année d’occupation, soit environ 20 milliards de dollars (à comparer à un budget annuel de 5 milliards).
Le gouvernement de l’Afghanistan examine également la possibilité de demander une compensation à la Russie pour l’occupation du pays qui a commencé en 1979 avec l’invasion des troupes de l’armée soviétique.
Ces développements juridiques agacent prodigieusement la Russie et créent dans le processus du règlement du conflit de l’Abkhazie un danger pour les intérêts de Moscou. Car perdre le contrôle de l’Abkhazie, c’est le perdre sur la Géorgie et, partant, sur le Caucase tout entier.
Ainsi, il n’est pas étonnant que certaines forces essaient très activement d’induire une déstabilisation. Le Président Poutine, lors des négociations, a, à propos de l’Abkhazie, évoqué le scénario de Chypre. En 1974, après le coup d’Etat à Chypre, sous le prétexte de défense de la population turque de Chypre la Turquie a débarqué ses troupes sur l’île et a occupé d’un tiers de l’île. Ce parallèle conduit par Poutine sur l’Abkhazie laisse augurer la volonté de la Russie de procéder à une occupation totale de l’Abkhazie (sous prétexte
« classique » de défense des « citoyens russes » ce qui est bien souligné dans la déclaration du 24 mars 2008 de la Douma de Russie). Le Kremlin a parfaitement identifié la faiblesse juridique de leur position : juridiquement la violation de l’intégrité territoriale de Géorgie, la reconnaissance de l’indépendance de l’Abkhazie ou surtout l’annexion directe de ce territoire est impossible. Face à l’échec de ces manœuvres de déstabilisation, la Russie a décidé de détruire la base juridique nécessaire au règlement du conflit.
Le 6 mars 2008, la Russie est sortie de l’accord du 19 janvier 1996 et le 24 mars, le Parlement de la Russie s’est adressé au Président et au gouvernement du pays avec la proposition d’examen de « la question de la reconnaissance de l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud ». Cette déclaration de la Douma de Russie est en contradiction directe avec la volonté exprimée par le peuple géorgien sur l’adhésion à l’OTAN (selon les résultats du plébiscite du 5 janvier 2008, 77% sont pour l’adhésion à l’OTAN). La Douma propose au gouvernement exécutif d’examiner la question de l’élaboration « des règles de douane particulières, facilitées au maximum » pour les régions d’Abkhazie et de Tskhinvali, ce qui est en contradiction évidente avec le règlement de la CEI. Rappelons que conformément à la volonté du Kremlin la frontière avec la Géorgie était fermée pendant 2 ans et l’embargo sur la production géorgienne se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Ceci montrant très clairement les intentions réelles du Kremlin.
Le dernier envahisseur qui s’est introduit pas à pas dans le Caucase était l’Empire de Russie. Sa tentative d’envahir le Caucase date de plus de deux siècles et demi. Ce projet a été mené à bien en suivant une stratégie s’appuyant sur les facteurs suivants :
1. Le facteur intérieur – la variété ethnique et religieuse de la région et des conflits intérieurs ;
2. Le facteur extérieur – la rivalité extrême entre l’Iran et la Turquie dans les questions du Caucase.
3. La volonté de la Russie de faire de la Géorgie « le Gendarme du Caucase »
ce qui contrariait dès le début le rôle historique de notre pays ;
4. L’expansion démographique.
La Russie monarchique a commencé l’envahissement de la Géorgie à partit du 18ème siècle et l’a terminé en 1864. Une des parties essentielles de ce processus était la provocation et l’approfondissement de la confrontation entre les Caucasiens.
La Russie bolchevique (puis post-soviétique) a poursuivi essentiellement la même direction. Pendant la période soviétique on procédait très activement à la russification de l’Abkhazie, on conduisait la politique discriminatoire de la population et de la langue géorgienne, la falsification consciencieuse de l’histoire des relations entre les Géorgiens et les Abkhazes, pour que le fossé creusé par la Russie devienne plus profond.
L’organisation du coup d’Etat en décembre – janvier 1991-1992 par la Russie et l’arrivée au pouvoir du régime de Shevardnadzé correspondent également au contexte du plan stratégique mentionné ci-dessus. Il est à souligner que la Russie n’a réussi à engendrer le conflit militaire en Abkhazie qu’après le coup d’Etat, alors qu’il avait tenté de le faire à plusieurs reprises après la déclaration de l’indépendance.
Dans la même période, la Russie a partiellement réussi à bloquer la construction de la maison commune du Caucase avec l’ entraînement des caucasiens du nord dans le conflit artificiel de l’Abkhazie. Il est à noter qu’à part les intérêts géopolitiques, l’entraînement des nords caucasiens dans le conflit de l’Abkhazie servait également à détourner l’attention des caucasiens du nord de leurs propres problèmes.
Le coup d’Etat des années 1991-1992 était sans précédent également parce que les groupes armés illégaux, contrôlés par les services spéciaux russes, ont renversé toutes les institutions élues, non seulement le premier Président de la Géorgie (élu 6 mois avant avec 87% des suffrages), mais également le parlement représentatif élu un an auparavant et les institutions du pouvoir local. Ces évènements ont été suivis de grandes manifestations pacifiques de protestation dispersées par la force des armes par ces mêmes groupes armés, conduisant à la guerre civile – un « chaos gérable » ! -, et ensuite au conflit en Abkhazie. La majorité des accords internationaux concernant le conflit de l’Abkhazie sont adoptés sous la pression de la Russie et par le gouvernement de Shevardnadzé obéissant aux diktats du Kremlin. L’Occident est resté passif dans l’attente de la réalisation du projet de modernisation de l’URSS, le transformant en un Etat « démocratique ».
UN NOUVEAU CONTEXTE ÉCONOMIQUE : HYDROCARBURES ET TRACECA
Dans les conditions de globalisation, il est évident que la réalité change vite et presque d’une manière inattendue, mais ces changements ne s’éloignent pas essentiellement des principes classiques de géopolitique. Sur les grandes tendances de développement des moyens de communication et de transport, de la « réduction » du rôle de l’agriculture, l’économie du Caucase montre un développement particulièrement marqué dans le domaine des ressources énergétiques et de leur transport.
Les gisements énergétiques du bassin de la Caspienne ne sont plus à décrire. Le chemin le plus court du transport des hydrocarbures vers l’Europe passe par la Géorgie. A cause de la pression russe ce potentiel n’est pas pleinement utilisé. Les leaders européens ne s’abstiennent d’ailleurs pas de dénoncer le chantage énergétique mis en place par le Kremlin. Le travail sur la diversification d’approvisonnement en ressources énergétiques de l’Europe pourrait aboutir dans un proche avenir à la prise de décisions concrètes. Il suffit de souligner que 50% du gaz naturel importé par l’Union européenne vient de trois pays seulement : la Russie (30% a elle seule), l’Algérie et Norvège ; (Autriche, Pologne, Finlande, République thèque, Estonie s’approvisionnent à 100% de Russie). La Russie achète à perte au Turkménistan du gaz destiné à l’exportation à seule fin de conserver une situation de monopole et exerce à cet effet une pression politique sur le Turkménistan et le Kazakhstan, ainsi que sur l’Azerbaïdjan et la Géorgie. Ces derniers ont osé permettre la construction du gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzrum en évitant la Russie. C’est sous la présidence de Georges Bush (père) qu’est née l’idée du gazoduc transcaucasien
(NABUCCO) par lequel le gaz de la Caspienne pourrait atteindre l’Europe en passant par le
Caucase (avec une puissance probable de 30 milliards m3 par an).
La situation est similaire pour le transport du pétrole. 33% du pétrole importé en Europe vient de Russie. Avant la mise en fonction de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, l’Azerbaïdjan exportait son pétrole par la Russie (de 1999 à 2004 le volume du pétrole azerbaïdjanais exporté par la Russie s’est réduit de 2 millions à 300 000 tonnes). La facilitation importante du transport de pétrole azerbaïdjanais et de celui de la caspienne vers l’Europe est possible par la réalisation de projets de communication ou bien d’oléoducs entre les ports géorgiens et les ports ukrainiens, bulgares et roumains de la mer noire. En 1997 il a été transporté 63 millions de tonnes de pétrole via le détroit de Bosphore, en 2005 – 140 millions tonnes (c’est via le Bosphore qu’a été transporté le tiers du pétrole russe et la moitié du pétrole Kazakh ; à lui seul le Kazakhstan projette d’augmenter sa production de pétrole pour atteindre 150 millions de tonnes pour 2015).
A part son potentiel énergétique, le Caucase possède également un grand potentiel de transit. Actuellement le trafic des marchandises dépasse 2 000 milliards USD entre les pays d’Europe et ceux d’Asie. Il est estimé qu’en 2010 ce chiffre va être multiplié par 1,5.
En 1996 les marchandises transportées entre l’Europe et l’Asie via la Russie représentaient
40 millions de tonnes et celui par le corridor TRACECA (Ukraine – Géorgie – Azerbaïdjan),
4,5 millions de tonnes. Aujourd’hui 40 millions de tonnes de marchandises sont transportées par l’itinéraire TRACECA, soit 10 fois celui de 1996. Les estimations pour 2010 sont de 35 à
40% supérieures. Le potentiel de développement de TRACECA (auquel est lié le développement/élargissement des pays de GUAM) est une source d’inquiétude pour le Kremlin car celui-ci vient directement concurrencer les itinéraires russes. Le développement de son plein potentiel fait courir à la Russie le risque d’un « hors jeu ».
Seul quelques ports de la mer noire peuvent accueillir des cargos de grande capacité (Poti
[Géorgie], Istamboul [Turquie], Ilichevsk, Odessa [Ukraine] et Constantsa [Roumanie]. Sur le territoire russe il n’existe pas de ports similaires. Le deuxième grand port de l’est de la mer Noire (Batoumi) appartient à la Géorgie.
RÉSOLUTION DU CONFLIT ET ACCÉLÉRATION DU DÉVELOPPEMENT : VOIE EUROPÉENNE
La réalisation de ce développement est rendu difficile pour la Géorgie du fait de la situation en Abkhazie. Ce développement implique, en outre, un soutien politique et des investissements des Etats-Unis et de l’Europe. Les investisseurs privés étrangers restant prudents en raison des conflits.
En novembre 2005 dans les pays de l’UE un nouveau projet de transport a été publié : « Le réseau de transport pour la paix et le développement des principaux axes transeuropéens en direction des pays et régions voisins ». Le projet est élaboré par un groupe spécifique dirigé par l’ex-président de la commission européenne L. de Palasio. Le groupe a déterminé cinq axes principaux reliant l’Union Européenne à ses voisins dont deux (axes central et sud- est) sont représentés par les itinéraires de communication Europe-Asie passant par Caucase.
Ceci montre qu’il existe une large perspective de collaboration entre l’Europe et la Géorgie
(et le Caucase), mais dans ce processus de rapprochement les problèmes territoriaux de la Géorgie constituent un obstacle majeur. La résolution du conflit d’Abkhazie par la Géorgie fragiliserait la position de la Russie tant du point de vue économique que de son influence sur la politique conduite au Caucase. C’est précisément pour ces raisons que la Russie utilise tous les moyens de déstabilisation, y compris économique, de la Géorgie (pour preuve l’embargo économique qui a duré pendant deux ans).
Les changements pouvant être apportés au format de la mission de paix de l’ONU exerçant lses fonctions actuellement en Abkhazie (par ex. : remplacement des forces de paix russes par les forces internationales, notamment par le contingent spécial de l’UE) ont une importance décisive dans le recouvrement de l’intégrité territoriale de Géorgie. Le président de Géorgie a souligné ces questions pendant son discours à l’Assemblée Générale de l’ONU le 27 septembre 2007.
Nous pouvons ainsi affirmer que les tentatives de certaines forces de séparer l’Abkhazie de la Géorgie sont vouées à l’échec. Les siècles de cohabitation, les liens familiaux et la non participation d’une grande partie de la minorité Abkhaze dans les massacres et la purification ethnique sont pour nous des facteurs d’encouragement.
Comme hier, lorsque le gouvernement de Géorgie indépendante, donnait la majorité à la minorité Abkhaze (avant le conflit 17% de la population avait 28 sièges dans l’institution législative de la République Autonome et les 46% de géorgiens – 26 sièges), aujourd’hui, Tbilissi propose d’accorder les droits les plus étendus à la République Autonome d’Abkhazie, en ne recourant qu’à des methodes pacifiques et juridiques, des tribunaux internationaux pour faire reconnaître et défendre les droits des refugiés et des habitants actuels de l’Abkhazie.
Comme au Kosovo, la population géorgienne déplacée, victime de la purification ethnique, doit recouvrer l’intégrité de son lieu d’existence, en Abkhazie; toute solution contraire serait un blanc seing à ceux qui conduisent la politique du pire et ont poussé et animé l’épuration éthnique conduite à l’encontre des populations géorgiennes.
C’est pourquoi, dans la lutte contre la politique du Kremlin, contre l’annexion de fait de l’Abkhazie, la Géorgie a besoin du soutien politique de l’Occident, de l’Alliance Atlantique. La Géorgie le mérite, elle qui en dépit des provocations continue à suivre le chemin vers le développement démocratique et l’integration euro-atlantique.
Soutenir la Géorgie c’est en fait soutenir le Caucase tout entier
La restitution de l’intégrité territoriale de la Géorgie, le soutien apporté au Caucase constituent des pas décisifs vers la stabilité de la région, et l’assurance d’une évolution rapide des processus démocratiques et économiques vers les valeurs de l’intégration européenne.

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