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30 août 2009

France:Le clan Sassou aux frais de la princesse

28 février 2009

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La famille du président congolais en conflit avec la PME qui a rénové la villa Suzette au Vésinet.

RENAUD LECADRE

Denis Sassou Nguesso et sa famille sont mauvais payeurs. Au pointd’être soupçonnés d’avoir confectionné un faux pour éviter de régler un petit entrepreneur en bâtiment. Une plainte contre X vient d’être déposée au parquet de Versailles.

L’affaire se déroule au Vésinet (Yvelines), villa Suzette (500 m2). Après y avoir effectué 800 000 euros de travaux, la PME n’a été payée que du quart et attend depuis des années le solde. La villa appartenait à Valentin Ambendet Nguesso, frère aîné, décédé en 2004, du président congolais. «Aucun héritier ne s’est manifesté, mais la villa continue à être utilisée par le président du Congo, sa suite, sa parentèle et ses affidés» , souligne Me Jacques Boedels, avocat de la PME.

Par un tour de passe-passe, la propriété de la villa a été exfiltrée au Luxembourg, au nom d’une société offshore. Pour savoir qui se cache derrière, cet indice : Wilfrid Nguesso, neveu du président, a depuis utilisé ce compte pour s’acheter à Paris une Aston Martin (172 000 euros). Me Boedels a fait examiner par un graphologue le pouvoir qu’aurait signé Ambendet, deux ans avant sa mort, en vue de céder sa villa au Luxembourg. Verdict : imitation très approximative de sa signature. Pour l’avocat, il s’agit d’un montage rétroactif afin de se soustraire au paiement des travaux.

Avant de porter l’affaire au pénal, il avait tenté en vain la voie civile. Avec pour adversaire le ministère… français des Finances. En 2007, était nommé un administrateur, membre de la Direction des domaines, qui dépend de Bercy. A charge pour lui, faute d’héritier, de vendre la villa pour rembourser l’entrepreneur. Las, il a préféré croire à la farce luxembourgeoise, alors que cette cession n’avait été enregistrée nulle part. Et sans payer de droit de mutation, ce qui aurait dû titiller Bercy. Mais pas touche au clan Sassou.


France/Bongo : Le compte n’y est pas

28 février 2009

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La justice française vient de saisir deux comptes appartenant au président gabonais, habitué à l’indulgence de la Françafrique.

L’impunité des dignitaires de la Françafrique n’est plus ce qu’elle était. Deux comptes bancaires d’Omar Bongo, président du Gabon, viennent d’être bloqués sur décision de la justice française. Une affaire invraisemblable, à tout point de vue.

En 1995, René Cardona, homme d’affaires français implanté en Afrique, vend une affaire de pêcherie à la famille Bongo (Omar le patriarche plus trois membres du clan). Un investissement à titre privé, en marge de sa fonction présidentielle. Au risque, en cas de litige, d’une justice bananière. Ça n’a pas manqué.

Dès mars 1996, le citoyen Bongo conteste la cession, affirme que Cardona lui aurait vendu des chalutiers hors d’état de fonctionner. En première instance, le tribunal de Libreville condamne le vendeur à réparer les navires, sanction levée deux mois plus tard par la cour d’appel, la justice gabonaise montrant là une rare indépendance. Mais Bongo change son fusil d’épaule, porte plainte au pénal pour escroquerie. L’affaire est instruite par le juge Mathurin Boungou, le neveu du président. En toute indépendance, il embastille Cardona sans même l’auditionner préalablement.

Couleuvres. Alerté, son fils, Thierry Cardona, signe un chèque de banque en faveur d’Omar Bongo, de 300 millions de francs CFA (450 000 euros). Cinq jours plus tard, Cardona père est libéré. Il n’entendra plus jamais parler du juge-neveu Boungou.

Depuis, la famille Cardona, repliée dans le sud-ouest de la France, exige le remboursement de ce qu’elle appelle une «rançon». Simple «transaction commerciale orale», répond le clan Bongo. A l’entendre plaider devant la justice hexagonale, la libération subite de René Cardona n’aurait rien à voir avec la remise du chèque. Il aurait été libéré pour… «raison humanitaire», le virus Ebola sévissant alors dans les prisons gabonaises.

Les magistrats français, pourtant habitués à avaler les couleuvres françafricaines, ne sont pas prêts à accepter n’importe quoi. Un courrier confidentiel d’un avocat de Bongo évoquait une négociation sur «la libération de M. Cardona et rien de plus». Conclusion de la Cour d’appel de Bordeaux : «L’allégation d’une transaction amiable est anéantie par le contenu de ce courrier.»

«Mauvaise foi». Il en faut plus pour décourager le président gabonais. En 2004, il obtient du tribunal de Libreville un jugement validant – neuf ans après les faits – la «transaction orale» censée avoir été passée entre Bongo et Cardona, le second s’engageant à lui verser un million d’euros en dédommagement. Nouvelle leçon de droit de la cour d’appel de Bordeaux : ce jugement local est «insusceptible de revêtir l’autorité de la chose jugée» , Cardona n’ayant été ni convoqué à l’audience ni averti de la décision – laquelle est introuvable au greffe…

En septembre 2008, la cour de Bordeaux condamnait «monsieur Omar el-Hadj Bongo Ondimba» à rembourser les 450 000 euros, agrémentés d’intérêts de retard pour «mauvaise foi» , soit un million d’euros. Bongo a depuis saisi la Cour de cassation, mais son pourvoi n’est recevable que s’il règle entre-temps l’ardoise. Parce qu’il s’y refuse mordicus, l’avocat de la famille Cardona, Me Jean-Philippe Le Bail, a obtenu la semaine dernière la saisie des comptes français du citoyen Bongo. Et d’ironiser : «A moins qu’il ose soutenir qu’il s’agit de fonds secrets de l’Etat gabonais, il s’agit bien de son argent personnel.»

http://www.liberation.fr/societe/0101379298-bongo-le-compte-n-y-est-pas