“Aidez-nous” – Une banque
africaine fait appel au secteur
privé pour développer les
infrastructures
Les “contraintes et défis intimidants” du développement d’infrastructures en Afrique ont été décrits par les représentants de la Banque de Développement de l’Afrique australe (BDAA) et de la Banque africaine de développement (BAD) lors d’un atelier à Johannesburg en Afrique du Sud, organisé le 26 février 2008 par la Fondation pour la promotion des affaires du NEPAD.
Les porte-parole des banques y ont fait appel au secteur privé pour s’unir à eux et aider à trouver des solutions.
Lynnette Chen, PDG de la Fondation pour la promotion des affaires du NEPAD (qui fait la promotion du dialogue entre les secteurs public et privé sur la réalisation et la mise en œuvre des objectifs du NEPAD) a décrit l’atelier comme une plateforme qui permet au monde des affaires de comprendre les principes du NEPAD et de s’engager dans ses initiatives.
Elle a expliqué que le Secrétariat du NEPAD a identifié le développement des infrastructures comme le besoin le plus critique pour faire le pont entre l’Afrique et le monde développé. Sans suffisamment de transport, énergie, télécommunications ni réseaux d’eau, toutes les autres initiatives de développement sont extrêmement limitées.
Mwafoyonjo Lyson Muwila, Directeur du programme principal de la BDAA, a donné les grandes lignes des contraintes sociales, politiques, financières et culturelles auxquelles les secteurs public et privé doivent faire face pour s’attaquer aux projets de développement.
Il a souligné que « l’Afrique du Sud se trouve à plusieurs égards dans une position beaucoup plus favorable en matière de compétences, ressources, innovation et expertise. C’est pourquoi elle a un rôle critique à jouer pour ouvrir le potentiel du continent. Les risques sont certainement plus grands en Afrique, mais les récompenses sont proportionnellement plus importantes.”
Il a dit que malgré les nombreux obstacles qui entravent le développement, beaucoup de pays affichaient actuellement une croissance économique rapide. Malheureusement, le manque d’infrastructures adéquates voulait dire qu’elles n’avaient pu soutenir ni maintenir cette croissance. Il faut donc urgemment solliciter toutes les ressources et expertise possibles pour trouver des solutions.
“Il est impossible pour les gouvernements de trouver tous les ans US$20 milliards nécessaire pour créer les infrastructures requises,” a souligné Muwila.
“Nous nous tournons vers le secteur privé pour mettre en œuvre plusieurs formes de partenariats privé-public et d’autres initiatives pour construire les infrastructures du continent. Nous ne pouvons plus nous permettre de ‘penser sur le plan régional et d’agir sur le plan national’. La croissance dépend de la collaboration de tous les pays pour former une seule entité.”
Il a indiqué que la réussite de projets régionaux comme le Corridor de Développement de Maputo est un parfait exemple du développement futur.
“Je peux également mentionner MOTRACO, le Corridor du Trans-Kalahari, le Pont de Kazungula, le Projet d’infrastructure en matière d’information régionale de la SADC, le Projet d’eau transfrontalier de Caledon et la Promotion des aires de conservation transfrontalières. Chacun de ces projets a d’une manière ou d’une autre englobé des partenariats privé-public.”
Il a aussi décrit le succès énorme de la Tunisie où l’on a utilisé des PMME quasi exclusivement pour promouvoir l’électrification du pays.
Muwila a reconnu que pour obtenir du succès, il fallait que les projets soient entièrement appuyés par les chefs d’états, poussés par les champions des secteurs public et privé et soutenus par les personnes sur qui ils avaient un impact.
Il n’a pas hésité à reconnaître les nombreux défis socioéconomiques et politiques à surmonter par les futurs promoteurs. Cependant, il a ajouté que les pays mêmes étaient conscients des défauts et qu’ils accueillaient en conséquence les rapports sur le gouvernement d’entreprise qui les aidaient à se développer pour l’avenir.
Mike Salawou, Coordonnateur de projet de la Facilité pour les Projets de développement des infrastructures du NEPAD à la Banque africaine de développement, a considéré les principales contraintes financières du secteur privé qu’il faut résoudre avant de se lancer dans des programmes de développement d’infrastructures. Comme Muwila, il n’y est pas allé de main morte mais a souligné le besoin de générer de nouveaux paradigmes de développement en suggérant un recours éventuel aux régimes de retraite pour subventionner les projets.
“Il nous faut d’abord savoir ce que vous, le secteur privé, considérez comme les principales difficultés en ce qui concerne une participation financière aux infrastructures d’Afrique. Comment voyez-vous les obstructions et obstacles? Deuxièmement, où identifiez-vous les possibilités de participation? Sachant les réponses nous aidera à diriger notre dialogue avec les gouvernements, à influencer les politiques et à établir des partenariats.”
Les participants à l’atelier ont rapidement soulevé leurs préoccupations qui allaient de l’évaluation des mécanismes à l’instabilité politique, auxquelles Muwila a répondu en donnant l’essence succincte de l’Afrique et ses défis.
“Nous, les institutions de développement, sommes aussi frustrées que vous, le secteur privé. C’est pourquoi nous avons désespérément besoin de vous, vos compétences, votre ingéniosité, vos ressources et vos capacités afin de trouver des solutions de développement pour notre continent.
“L’instabilité politique et les contraintes financières, culturelles et physiques. Voilà ce que représente notre environnement. Nous devons concevoir des modèles de risques appropriés. Nous ne pouvons pas simplement tourner le dos aux pays qui sortent du conflit ou qui s’y trouvent toujours parce qu’il n’y a pas de structures, politiques ou cadres juridiques que nous attendons de voir dans des pays ‘normaux’.
“Ensemble, nous devons trouver des solutions. Aidez-nous. Donnez-nous vos conseils et recommandations. Nous les prenons au sérieux, car ils nous sont utiles lors des rencontres avec les gouvernements. Nous avons devant nous une tâche énorme, mais je suis convaincu que nous y arriverons si nous nous donnons la main.”
Pour avancer les objectifs du NEPAD, la Fondation pour la promotion des affaires du NEPAD a créé un Bureau de gestion de projets sous John Rocha dont le rôle crucial est de faciliter et d’améliorer les rapports entre le secteur privé et les institutions de développement les plus importantes d’Afrique telles que la BDAA et la BAD.
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