Centrafrique: Malnutrition sévère, 700.000 enfants en souffrent

12 août 2009

Près de 700.000 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition sévère, voire aiguë, en Centrafrique, dont beaucoup se trouvent “à la limite de la survie”, s’est inquiété mardi le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

Une petite fille dans un centre de nutrition pour enfants, au nord de Bangui, en Centrafrique, en juillet 2006 © AFP/Archives Lionel Healing

Une petite fille dans un centre de nutrition pour enfants, au nord de Bangui, en Centrafrique, en juillet 2006 © AFP/Archives Lionel Healing

“Entre le nord du pays affecté par le conflit et la région du sud plus stable, on compte près de 700.000 enfants de moins de cinq ans vivant au-dessous des seuils acceptables, et beaucoup sont maintenant à la limite de la survie”, a expliqué le représentant par intérim de l’Unicef en République Centrafricaine, Jeremy Hopkins, cité dans un communiqué.

Le taux de malnutrition “dépasse les seuils d’urgence” à un moment où “la crise financière mondiale et le déplacement des populations en raison du conflit en cours pèsent sur l’économie”, a souligné la porte-parole de l’Unicef à Genève, Véronique Taveau.

Des évaluations préliminaires, conduites récemment par l’agence onusienne dans trois provinces du sud du pays, révèlent que 16% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë et 6,6% de malnutrition sévère aiguë.

“C’est loin au-dessus des seuils d’urgence de 15% pour une malnutrition sévère et de 2% pour une malnutrition sévère aiguë”, insiste l’organisation qui rappelle que les “enfants sévèrement malnutris ont neuf fois plus de risques de décéder”.

Selon l’Unicef, cette “malnutrition chronique” découle de l’extrême pauvreté du pays où plus de six personnes sur dix vivent avec moins de 1,25 dollar par jour, de l’insécurité grandissante ainsi que de la baisse des revenus du secteur minier affecté par la crise économique mondiale.

Face à cette situation, l’Unicef a lancé mardi un appel de fonds de 1,5 million de dollars pour “l’achat et la distribution d’aliments thérapeutiques” et de médicaments, a expliqué Mme Taveau.

La Centrafrique est le théâtre de conflits internes depuis 2005, qui ont affecté plus d’un million de personnes dans le nord du pays, dont 125.000 déplacés, selon l’ONU.


Election présidentielle en Côte d`Ivoire : Le Conseil de sécurité demande un calendrier réaliste

29 janvier 2009

Le Président Laurent GBAGBO & Bani Koon

Le Président Laurent GBAGBO & Ban Ki-moon

Le Conseil de sécurité de l’ONU a prorogé mardi pour six mois le mandat de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (OnucI) mais a légèrement réduit son effectif, pour tenir compte des progrès sur la voie de la stabilisation du pays.

Il a également exigé que les acteurs politiques ivoiriens s’entendent rapidement sur un nouveau calendrier électoral et fixent une date définitive pour l’élection présidentielle, constamment repoussée depuis trois ans.

Dans sa résolution 1865, rédigée par la France et adoptée à l’unanimité, le Conseil renouvelle les mandats de l’Onuci et de la force française Licorne qui la soutient jusqu’au 31 juillet, “notamment pour aider à l’organisation en Côte d’Ivoire d`élections libres, ouvertes, justes et transparentes”.
Mais il ramène l`effectif militaire autorisé de 8.115 à 7.450 personnels, suivant ainsi les recommandations du secrétaire général Ban Ki-moon dans un rapport du 8 janvier, compte tenu des “progrès accomplis par les parties ivoiriennes dans la mise en œuvre du processus de paix et du processus électoral”.

Il approuve cependant la condition posée par M. Ban à cette réduction d’effectifs : que la mobilité de l’Onuci soit accrue grâce à des moyens aériens supplémentaires, notamment des hélicoptères, et aussi à l’appui fourni par “Licorne” en matière de capacités d’intervention rapide.
Le Conseil prend également à son compte certains critères énoncés par M. Ban en vue d’éventuelles réductions supplémentaires des effectifs de l’Onuci.

Ils concernent l’achèvement du désarmement des anciens combattants et du
démantèlement des milices, le bon déroulement des élections, le lancement de
la réforme du secteur de la sécurité en Côte d’Ivoire et la restauration de l’autorité de l’Etat sur la totalité du pays.

L’Onuci est déployée depuis avril 2004 en Côte d’Ivoire, où elle est épaulée par la force Licorne (1.800 soldats).

La Côte d’Ivoire est coupée en deux depuis la tentative de coup d’Etat des ex-rebelles des Forces nouvelles contre le président Laurent Gbagbo en septembre 2002. Sans cesse reportée depuis fin 2005, une élection présidentielle est attendue en 2009.

Après le dernier report en novembre, le Conseil de sécurité avait mis en demeure les responsables ivoiriens de faire en sorte que cette élection se tienne avant la fin du printemps.
La résolution 1865 prend note de ce report “avec une profonde préoccupation”.

Elle demande instamment aux acteurs politiques ivoiriens “de trouver sans
délai un accord sur un calendrier nouveau et réaliste qui permettrait d’organiser rapidement” les élections et au président de la Commission électorale indépendante “de rendre public ce calendrier”.

Rappelant son appui au processus politique de Ouagadougou (l’accord de paix inter-ivoirien de 2007, ndlr), le Conseil “se félicite des progrès des opérations d`identification de la population et d’enregistrement des électeurs”.

Mais il demande aux parties ivoiriennes de prendre immédiatement les mesures nécessaires “pour mener à leur terme ces opérations avant la fin du mois de février 2009″. La lenteur de ces opérations de recensement de l’électorat est à l’origine du dernier report de l`élection présidentielle.

AFP


L’Onu confirme le retrait des rebelles du Nord-Kivu

19 novembre 2008

Les rebelles tutsis se retirent “par centaines” de la ligne de front dans la province du Nord-Kivu en signe de bonne volonté face à l’initiative de paix de l’Onu, annonce un porte parole des casques bleus en République démocratique du Congo.

Ce retrait des hommes de Laurent Nkunda s’effectue en application de la promesse faite par le chef du Congrès national de la défense du peuple (CNDP) à un émissaire des Nations unies ce week-end.

Laurent Nkunda a également promis de participer aux négociations de paix et d’observer un cessez-le-feu dans cette région de l’est de la RDC.

“Depuis hier soir, ils sont en train de se retirer. Ils se replient vers le sud en suivant trois axes – à partir de Kanyabayonga vers Kibirizi, de Kanyabayonga vers Nyanzale et à partir de Rwindi en direction du sud”, a dit le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich.

Le porte-parole de la Mission de l’Onu au Congo (Monuc) a précisé que les casques bleus supervisaient ce retrait.

Les troupes de Laurent Nkunda occupaient le Nord-Kivu depuis plusieurs semaines après avoir mis en déroute les troupes gouvernementales du président Joseph Kabila.

Les rebelles avaient stoppé leur progression à une quinzaine de kilomètres au nord de Goma, la capitale de la province.

Dans un communiqué diffusé mardi, le CNDP a annoncé sa décision de procéder à ce retrait, mais le texte ne fait pas mention du front particulier de Goma.

Olusegun Obasajo, ancien président du Nigeria et émissaire de l’Onu, tente d’organiser à Nairobi des négociations de paix réunissant Nkunda, le gouvernement de Kabila et celui du Rwanda, Etat voisin de l’ex-Zaïre.

Le conflit au Nord-Kivu qui menaçait de prendre une dimension régionale a provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes qui ont fui les combats.

David Lewis, version française Pierre Sérisier


Crise alimentaire: les dirigeants mondiaux invités à s’investir

13 mai 2008

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a encouragé lundi les dirigeants mondiaux à s’investir pleinement dans la lutte contre la crise alimentaire mondiale.

“Combattre la crise alimentaire mondiale nécessite un leadership international et une coordination au plus haut niveau”, a-t-il estimé lors de la première réunion de la cellule de crise qu’il a créée à cet effet, selon un communiqué de son service de presse.

© AFP
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, le 20 avril 2008 à Accra
© AFP/Archives Leon Neal

NEW YORK (AFP)Cette réunion à huis clos, sous l’autorité de M. Ban qui a fait de la lutte contre la faim l’une de ses priorités, visait à “promouvoir une réponse mondiale cohérente et coordonnée à l’actuelle crise alimentaire”, selon le communiqué.

Elle a jeté les bases d’un “Cadre global d’action” comprenant une série de plans à court et long terme pour faire face à la flambée des prix alimentaires dans le monde. L’accent sera mis sur l’aide alimentaire, les initiatives de protection sociale et les mesures favorisant l’agriculture.

Les participants sont convenus de présenter ces axes d’action à la conférence de haut niveau de la FAO (Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture) sur la sécurité alimentaire, à Rome du 3 au 5 juin, à laquelle M. Ban souhaite que les dirigeants mondiaux participent.

Le suivi et la mise en oeuvre de la stratégie d’action seront assurés par la cellule de crise, dont la création a été annoncée par M. Ban à Berne le 29 avril et qui rassemble les chefs de quinze départements et agences de l’ONU, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM).

Elle est placée sous l’autorité de M. Ban, qui a chargé de sa coordination son secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires, John Holmes, à New York, et David Nabarro, coordinateur de l’ONU contre la grippe aviaire, à Genève.

La cellule de crise a renouvelé l’appel lancé à Berne par les institutions pour une action urgente face à la crise alimentaire.

Elle a demandé aux Etats d’”assurer que leurs politiques, notamment en matière d’exportation de nourriture, n’exacerbent pas l’actuelle hausse structurelle des prix et ses conséquences”.

Plusieurs pays s’étaient vu rappeler à l’ordre à Berne pour avoir décidé de suspendre leurs exportations de nourriture, pour défendre leur propre sécurité alimentaire, car ces mesures poussent les prix à la hausse et pénalisent les plus pauvres.

La cellule de crise a appelé les Etats à “ne pas entraver les fournitures de nourriture destinées aux besoins humanitaires, par exemple par l’intermédiare du PAM” (Programme alimentaire mondial).

La Birmanie, durement frappée le 2 mai par un cyclone meurtrier, a particulièrement besoin actuellement d’aide alimentaire pour quelque deux millions de sinistrés.

Les prix des denrées alimentaires ont pratiquement doublé dans le monde en trois ans, selon la Banque mondiale, provoquant des émeutes en avril en Egypte et à Haïti, des manifestations dans de nombreux autres pays et des restrictions aux exportations de plusieurs producteurs dont le Brésil, le Vietnam, l’Inde et l’Egypte.

Parmi les explications, figurent le développement des bio-carburants, les barrières commerciales, une demande croissante venue d’Asie sur fond de modifications des habitudes alimentaires, la faiblesse des récoltes ainsi que les cours du pétrole, qui pèsent sur le prix des transports.

La FAO a estimé lundi que la production mondiale de riz atteindrait un niveau record en 2008 mais que les prix resteraient élevés à court terme.


ENFANTS ET CONFLITS ARMÉS : LE CONSEIL DE SÉCURITÉ ENVISAGE DE METTRE EN OEUVRE DES SANCTIONS

14 février 2008

 New York, Feb 13 2008  

 Par la voie d’une déclaration présidentielle, le Conseil de sécurité a regretté hier que ses résolutions relatives aux enfants et aux conflits armés continuent à ne pas être respectées, et réaffirmé son intention d’user de tous les instruments prévus dans sa résolution de juillet 2005 prévoyant des sanctions.
Par ce texte, le Conseil envisageait l’imposition de mesures ciblées et calibrées, dont l’interdiction de livrer des armes légères et d’autres matériels militaires et de l’assistance militaire, à l’encontre des parties à des conflits armés qui violeraient les dispositions du droit international relatives aux droits et à la protection des enfants en période de conflit armé.
La déclaration présidentielle a été adoptée hier soir sous l’égide du Vice-président et ministre des Affaires étrangères du Panama, Samuel Lewis Navarro.
Elle « souligne fermement qu’il est nécessaire de mettre fin à l’impunité qui entoure les violations et sévices visant des enfants dans des conflits armés et, à cet égard, se félicite que plusieurs auteurs présumés de tels actes aient été traduits en justice devant des juridictions pénales nationales, internationales et “mixtes” ».
Le Conseil s’inquiète du recours généralisé et systématique au viol et à d’autres formes de violence sexuelle dirigées contre les enfants et en particulier contre les filles dans les situations de conflit armé, et demande à toutes les parties à ces conflits de prendre des mesures spéciales pour protéger les filles et les garçons contre toute violence sexuelle ou sexiste, en particulier contre le viol, en cas de conflit armé.
Le Conseil s’inquiète vivement du non-respect continu de ses résolutions relatives aux enfants et aux conflits armés par les parties à de tels conflits, dont les noms figurent dans les rapports du mécanisme de surveillance et de communication de l’information, y compris celles auxquelles des mises en demeure précises et immédiates ont été formellement adressées.
Rappelant la déclaration faite par son président le 28 novembre 2006, il réaffirme son intention d’user de tous les instruments prévus dans sa résolution 1612 (2005).
Le Conseil demande une nouvelle fois aux parties à des conflits armés figurant sur les listes jointes en annexe au rapport du Secrétaire général (S/2007/757) qui ne l’ont pas encore fait d’élaborer et d’exécuter des plans d’action concrets assortis d’échéances pour mettre un terme au recrutement et à l’utilisation d’enfants en violation du droit international applicable et pour lutter contre les autres violations et sévices visant les enfants, en étroite collaboration avec la Représentante spéciale du Secrétaire général, l’UNICEF et les équipes spéciales de pays des Nations Unies chargées de la surveillance et de la communication de l’information.