TOGO-ECONOMIE -AGOA :Les femmes entrepreneurs à l’école de l’Agoa

18 août 2009

3292931920_aef2a07a11Quelque 80 femmes entrepreneurs du Togo participent Lomé à un séminaire de formation  sur l’Agoa (African Growth and Opportunity Act) et l’apport du secteur privé aux économies émergentes, a constaté un journaliste de l’Agence Savoir News.

Séminaire ouvert par l’ambassadeur des Etats-Unis au Togo Mme Patricia Hawkins, cette rencontre permettra à ces femmes venues de divers horizons, de mieux cerner le concept de l’Agoa, notamment son fonctionnement.

“Les activités de cette semaine  marqueront le début d’un nouveau  dialogue, un dialogue  qui est nécessaire et qui souligne l’importance  des femmes togolaises dans la transformation économique de ce pays”, a déclaré Mme Hawkins, à l’ouverture de ce séminaire.

Plusieurs thèmes à savoir : “réaliser tout le potentiel de l’Agoa à travers l’expansion du commerce investissement”, “croissance des affaires et stratégies de planification” et “technologie électronique” seront développés durant ce séminaire qui va durer 4 jours.

“Je soutiens beaucoup l’Agoa, nous sommes convaincus que c’est à travers le développement  que l’on peut alléger la pauvreté”, a indiqué pour sa part Mme Sandra  Taylor, experte américaine des questions liées aux entrepreneurs et au monde des affaires impliquant les femmes.

Selon elle, il est important  que les pays africains développent entre eux la concurrence, moyen par lequel ils pourront être compétitifs sur le plan international.

“Je soutiens beaucoup les femmes car,  lorsqu’elles ont les moyens de se prendre en charge, toute la société se développe”.

Rappelons que l’Agoa a été instauré par le Congrès américain en 2000. Il établit jusqu’en 2015 une coopération économique et commerciale avec le continent africain. Il facilite également les exportations africaines vers les Etats-Unis pour soutenir le développement économique, mais aussi les réformes, sur le continent.


TOGO-COMPLOT-INTERVIEW : Me Zeus Ajavon : “Nous avons accepté spontanément de défendre Kpatcha Gnassingbé”

1 juillet 2009

logoLOME (Togo), L’honorable Kpatcha Gnassingbé, le frère du président de la République a été arrêté le 15 avril dans une affaire de tentative de coup déjoué dans la nuit du 12 au 13 avril. Il a été inculpé le même jour de “complot” et de “tentative d’attentat contre la sûreté de l’Etat” Deux avocats togolais se sont constitués pour défendre l’ex-ministre de la défense. L’Agence Savoir News a rencontré Me Zeus Ajavon – président du Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) – l’un des deux avocats. Propos recueillis par Erick Kaglan  de Savoir News

Me Zeus Ajavon : “Nous avons accepté spontanément de défendre Kpatcha Gnassingbé”.

Selon des informations parues dans les journaux ces derniers jours, Me Djovi Gally et vous, auriez décidé de vous constituer pour défendre le député Kpatcha Gnassingbé dans l’affaire de tentative de coup d’Etat dans laquelle il est impliqué. Confirmez-vous cette information ? Et si oui, qu’est-ce qui vous a motivé à prendre cette décision ?

Oui je confirme l’information. Nous avons décidé en effet de défendre Kpatcha Gnassingbé dans l’affaire d’attentat contre la sûreté de l’Etat pour lequel on l’accuse. Nous n’avons pas décidé nous-mêmes de le faire. Même si l’envie m’avait pris, je ne l’aurais pas fait. C’est une affaire très délicate. Nous avons été constitués par les parents de la victime notamment son épouse qui vivait avec lui.

Pouvez-vous nous donner son identité ?

 C’est sa femme qui vivait avec lui et qui lui a fait des enfants. Je ne vais pas vous donner de son nom. Retenez juste que c’est la femme qui vivait avec lui et qui était juste partie la veille pour emmener les enfants chez des parents et qui n’était pas là quand les événements se sont produits au domicile de Kpatcha. C’est cette épouse là qui nous a constitués. Nous avons accepté spontanément de défendre Kpatcha Gnassingbé.

 Pourquoi? Vous avez sûrement vos raisons.

Moi personnellement, j’ai deux raisons fondamentales. La première raison est que Kpatcha Gnassingbé est un député. Vous savez, j’ai été député moi-même et j’ai failli être poursuivi, être arrêté de cette façon là, mais heureusement que les procédures pour pouvoir arrêter et enfermer un député avaient été respectées à l’époque. Un député, lorsqu’il doit être poursuivi, sauf cas de flagrant délit, doit nécessairement faire l’objet de levée d’immunité parlementaire avant qu’on ne l’arrête et qu’on ne l’enferme. Or, en l’espèce Kpatcha Gnassingbé n’a pas fait l’objet de levée de l’immunité parlementaire. On a donné l’argument d’un flagrant délit. Il n’y a pas flagrant délit en l’espèce. Donc il y a violation de ses droits de député. Aujourd’hui si on laisse faire, il y aura des tas de députés considérés comme des indésirables et dont on ne veut plus qui vont endurer la même situation à l’Assemblée nationale. Donc pour le principe, j’ai décidé de défendre Kpatcha Gnassingbé. La seconde raison est que ses droits sont bafoués en ce moment. Il est enfermé au secret depuis plus de 70 jours maintenant et c’est inacceptable.

 Avez-vous déjà discuté avec lui une fois, après son arrestation ?

 Depuis jeudi dernier que je me suis constitué et envoyé ma lettre de constitution, j’ai demandé à le rencontrer immédiatement. Nous sommes en train de nous organiser pour le rencontrer.

Ce qui veut dire que jusqu’au jour d’aujourd’hui vous ne l’avez pas rencontré ?

J’ai rencontré le juge d’instruction dans ce sens là, et le procureur de la République. On m’a promis que je le rencontrerai ce mercredi dans la matinée. Et nous espérons beaucoup, nous les deux avocats, voir Kpatcha pour pouvoir dire comment il se porte.

 Donc vous serez avec Me Djovi Gally (votre collègue) ce mercredi chez Kpatcha ?

Absolument.

D’aucuns attribuent votre décision à une revanche politique de l’opposition sur le pouvoir surtout que vous êtes tous deux, de l’opposition. Que répondez-vous ?

 Quelle revanche politique ? Je suis avant tout un combattant de la liberté, un combattant des droits de l’homme. Pour moi, la liberté n’a pas de prix. Au CACIT, nous défendons les victimes de 2005 qui venaient de tous les bords politiques. Nous avons des dossiers sur les victimes membres du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT, le parti au pouvoir) qui ont subi des violences en 2005. Nous défendons leurs cas également comme nous défendons ceux des autres. Je suis défenseur des droits de l’homme et pour moi, chaque fois que les droits des citoyens sont bafoués, je suis prêt à battre quelle que soit la personne.

Selon certaines rumeurs, Kpatcha Gnassingbé serait malade. Avez-vous cette information ?

 Non, puisque personne ne l’a rencontré jusqu’à présent.

Même pas auprès de sa femme, celle qui vous a contacté ?

Sa femme non plus ne l’a pas rencontré. Il n’y a que quelques organisations de droits de l’homme avec le bureau local du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et trois associations des droits de l’homme du Togo qui l’ont rencontré, il y a quelque temps déjà. En dehors de ceux-là, personne, ni les membres de la famille, ni la femme, ni la femme, ni personne n’a rencontré Kpatcha Gnassingbé. Moi j’ai eu l’opportunité de rencontrer l’un des co-accusés en la personne du Capitaine Adjinon, parce que je suis également l’avocat d’une demi-douzaine d’inculpés dans cette affaire. Le Capitaine Adjinon m’a dit qu’il n’y est pour rien ; ni impliqué de près ou de loin et qu’il ne sait même pas si quelque chose a été préparé. Pour Kpatcha Gnassingbé, je ne peux pas vous dire si oui ou non il est mêlé à cela. C’est lorsque je l’aurai rencontré, que je saurai s’il est mêlé à cette affaire ou pas.

Comment se portent-ils, le Capitaine Adjinon et les autres inculpés ?

En tout cas l’état général n’est pas mauvais, sauf qu’ils se plaignent de ne pas sortir depuis qu’ils sont incarcérés. Celui que j’ai rencontré, c’est une seule fois qu’il est sorti. C’est la seule fois où on l’a emmené au tribunal chez le juge d’instruction pour que je le vois. C’est la première et dernière fois qu’il était sorti. Et ça, c’est une torture lorsqu’on vous enferme et que vous ne savez pas quel temps il fait dehors. C’est atroce, c’est pire qu’une torture physique.

D’aucuns estiment que la procédure judiciaire est lente. En tant que praticien du Droit, comment appréciez-vous cette procédure ?

La procédure n’est pas si lente que ça. Je dirai qu’elle est normale. C’est parce que le sujet est brûlant et sensible que les gens peuvent appréhender les choses de cette façon. Mais en général au Togo, la procédure judiciaire est lente. Il y a des gens qui font deux ans trois ans sans jamais être entendu par le juge d’instruction – ce qui n’est pas normal. Parfois ils sont invités par le juge une seule fois et l’affaire reste là, on ne les appelle plus. Ça traîne jusqu’à ce qu’un avocat tempête avant qu’on ne recommence l’instruction. En tout cas au Togo, l’instruction a toujours été lente.


TOGO : Messan Kokou Assigbi, DG de SGI-Togo à coeur ouvert

12 juin 2009

imag322Créée en 1998 par dérogation à la réglementation bancaire, la Société de Gestion et d’Intermédiation du Togo (SGI-Togo) dont le Directeur général par intérim est M Messan Kokou Assigbi, est un acteur agrée du marché financier de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). Placée sous la tutelle du Conseil Régional de l’épargne publique et des marchés financiers, la SGI-Togo se spécialise dans le Conseil en placement, le Courtage et la Gestion d’actifs, la Conservation des titres et l’Ingénierie financière. Actuellement, elle est en campagne depuis plusieurs semaines maintenant avec des affiches et des panneaux géants un peu partout pour mieux faire connaître ses produits. Propos recueillis par Erick Kaglan

 Quel est l’objectif de la campagne que votre Institution mène depuis plusieurs semaines ?

Messan Kokou Assigbi : L’objectif de notre campagne, c’est de diffuser la culture boursière au niveau du public. Vous n’êtes pas sans savoir que notre marché financier est très jeune. Donc il y a une culture boursière que nous n’avons pas encore au niveau du public de l’UEMOA. Le marché étant jeune, les gens ne savent pas ce qu’on appelle “Investir en bourse”. Par exemple ; ce qu’on appelle  “Acheter des actions”, “Acheter des obligations”. On n’avait pas ces genres de produits, puisque on avait seulement les banques. Donc on ne connaît que les produits du marché monétaire, c’est-à-dire les DAT, les compte-chèques, les comptes épargnes, le dépôt à terme, les compte courants en chèques. Mais, venir sur le marché financier, acheter des produits de long terme tels que les actions, les obligations ou les fonds communs de placement est une pratique que le public ne maîtrise pas encore. Donc quelque part, notre objectif aussi, c’est de faire connaître les produits du marché financier au public et d’améliorer aussi notre visibilité.

Quelle est aujourd’hui la place de la culture boursière dans le développement d’une économie ?

Je crois que c’est très important la place de la culture boursière dans le développement d’une économie en ce sens que le marché boursier permet de mobiliser l’épargne. Tout ce qui est mobilisé comme épargne depuis la création du marché se chiffre à plus de Mille milliards de F CFA. Depuis 1998 à ce jour, le marché a mobilisé pas mal de ressources au financement des entreprises et le marché participe aussi à la dynamisation et à la croissance économique, parce que là on parle de mobilisation d’épargne. L’épargne est la  seule et unique source de capital.  Donc on essaie de mobiliser cette épargne au profit des entreprises et de l’Etat. Sans ces véhicules d’excellentes mobilisations de l’épargne comme les actions et les obligations, on manquerait de ressources longues pour le financement des projets de longue durée. Avant, quand on n’avait pas ce marché et qu’on avait seulement le marché monétaire, les entreprises se confrontaient au financement des projets de long terme. Donc vous comprenez bien que le marché monétaire n’est pas approprié pour ces genres de financements. Le marché financier, c’est le marché des capitaux, c’est le marché adéquat pour financer  les projets de longue durée parce que nous, nous mobilisons des ressources de long terme, trois ans, dix ans, voire quinze ans.

Vous avez démarré vos activités en même temps que la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières en 1998. Qu’est-ce que la SGI-Togo a pu réaliser en 11 ans d’activités ?

En onze années d’activités, nous avons structuré pas mal d’opérations. Nous avons fait des émissions d’emprunts obligatoires, des missions d’ordre public de vente ou d’actions ainsi que des émissions de placement privé d’actions ou d’obligations pour le compte des sociétés togolaises et ivoiriennes. Déjà en 1999, la SGI-Togo a eu à arranger une opération d’emprunt obligatoire pour le compte de CIMTOGO pour un montant de deux milliards de F CFA. En 2000 et 2001, la SGI-Togo a réalisé des opérations d’emprunt obligataire en placement privé pour le compte de Togo-Télécom et Togo-Cellulaire. Après on a eu l’emprunt obligataire de la Communauté Electrique du Bénin (CEB). En 2006, nous avons structuré l’emprunt obligataire de l’Etat du Togo qui s’est soldé pour un montant de 36,300 milliards F CFA. Nous avons également fait des emprunts obligataires pour le compte de SIFCA, un groupe agro-industriel de la Côte d’Ivoire et pour le compte d’Afrippa-Télécom, pour le compte de la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC). Nous avons fait également des emprunts obligataires pour le compte de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD).

Certains vous présentent comme une société d’assurance. Est-ce que vous en êtes une ?

Non, pas du tout. Nous sommes un établissement financier créé par dérogation à la réglementation bancaire. Nous sommes un établissement financier agrée par le Conseil Régional de l’épargne publique et des marchés financiers, l’organe de régulation du marché financier. Donc nous sommes sous la tutelle du Conseil Régional de l’épargne publique et des marchés financiers, tout comme les banques sont sous la tutelle de la BCEAO.


Togo-Parlement-APE :”Notre objectif est d’aider les députés togolais à mieux comprendre les enjeux des APErlem

25 mai 2009

La Plate-forme des Organisations de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest (POSCAO) qui mène dans la sous-région une campagne contre la signature de l’Accord de Partenariat Economique avec l’Union Européenne, a tenu vendredi et samedi dernier à Lomé, un “atelier de concertation et d’échanges” à l’intention des parlementaires togolais. Objectif principal de cette rencontre : “aider les députés togolais à mieux comprendre les enjeux des APE”,  selon Cheikh Tidiane Dieye, le Coordonnateur de la POSCAO.

Cheikh Tidiane Dieye : ”Notre objectif est d’aider les députés togolais à mieux comprendre les enjeux des APE”

Propos recueillis par Erick Kaglan de Savoir News .

Est-ce que vous avez le sentiment d’avoir pu convaincre les députés togolais ?

1de47e4dfa0633ba52bfe92c68f06c25Cheikh Tidiane Dieye : Cela dépend de la lecture qu’on en fait. L’objectif n’était pas forcément de nous assurer qu’ils ne ratifieraient pas l’APE. L’objectif que nous visions à travers l’atelier simplement, c’était de les informer d’abord sur ce qui est fait dans la région parce que nous avons le sentiment qu’ils ne sont pas suffisamment impliqués  dans le processus pour les aider à mieux comprendre les enjeux ; ce qui est entrain d’être fait pour qu’ils comprennent l’accord du dedans, les différents points en négociations et quels sont les enjeux liés à chaque point.

Les parlementaires ont lu une déclaration à la fin de l’atelier.  Est-ce que cela traduit, selon vous l’expression d’un soutien à votre structure ?

Je le crois. Je pense qu’il y a eu un engagement fort de leur part parce que si nous revenons un peu en arrière, l’année dernière, on a eu la même session de formation, de concertation avec les parlementaires et il y avait un certain nombre d’engagements. Malheureusement, cela n’avait pas été traduit en actes. Mais cette année,  ils ont repris presque les mêmes demandes. D’abord en termes d’informations, mais aussi en termes d’implications dans les différents comités qu’ils ont mis en place ici au Togo. Et cette fois-ci, ce qui a changé et je pense, qui est positif, c’est que les députés ont pris l’engagement d’aller eux-mêmes vers ces différents comités pour y adhérer et pour défendre leurs voix.  Avant, ils étaient presque dans une posture de dire : il faut venir vers nous nous impliquer, mais cette fois-ci,  ils ont pris l’engagement d’aller vers le comité.

Pensez-vous que les députés constituent la meilleure voie pour faire passer le message ?

Je le pense. Vous savez, ce processus est complexe mais aussi ça rentre dans le cadre de la construction d’un certain nombre de choses liées à la citoyenneté dans nos pays. Il y a différentes catégories de personnes de la population qu’il faut sensibiliser. Nous avons fait déjà un travail qui est plus ou moins intéressant avec les producteurs agricoles. Il y a un  travail intéressant avec le secteur privé. Il y a beaucoup de gens vers qui nous sommes allés et avec qui nous tenons déjà un certain nombre de discours. Les députés étaient un peu à mon sens la catégorie qui avait été marginalisée jusqu’ici. Pour atténuer les pressions politiques exercées par l’Union Européenne sur les Etats, pour les minimiser, réduire leurs impacts sur la décision des gouvernements, je crois que les députés peuvent être d’un grand apport dans ce processus là. Ce que nous cherchons, c’est mettre une pression contraire pour contrer ce que l’Union Européenne est entrain de faire. Si les gouvernements subissent une pression de l’extérieur et qu’il n’y a aucune pression de l’intérieur, c’est clair qu’ils vont lâcher. Maintenant, s’ils ont le choix entre les pressions extérieures et une pression intérieure extrêmement forte avec une société civile très mobilisée, appuyée par toutes les catégories impliquées dans le processus, avec derrière eux les parlementaires et tous ceux qui représentent quelque chose qui poussent,  ils auront à choisir entre des intérêts du moment qui souvent sont des intérêts financiers et une pression politique forte qui pourrait se traduire en vote, en sanction politique, etc… Cela les amènera à réfléchir avant de prendre des décisions.

En d’autres termes, la pression de la communauté nationale est plus importante que celle de l’extérieur ?

C’est justement ce que nous essayons de leur faire comprendre. Jusqu’ici malheureusement, nos gouvernements, en tout cas certains d’entre eux avaient plus tendance à entendre les voix qui venaient de l’extérieur, à se plier trop facilement, à notre sens, aux injonctions des bailleurs de fonds étrangers. Aujourd’hui, nous voulons changer le processus. Si vous allez à l’Union Européenne, aux Etats-Unis ou dans n’importe quel pays développé sérieux, ils ne prendront aucun engagement, aucune décision qui va dans le sens contraire de l’intérêt de leurs populations. Ils prennent d’abord et avant tout en compte les intérêts de leurs populations. C’est le processus que nous voulons créer dans nos propres pays. Si nos gouvernements, un jour, arrivent à comprendre qu’en faisant telle ou telle chose, ils subissent une sanction nette de la population parce qu’aucun segment de la société ne l’accepterait et que les gens sont capables de sortir de leur passivité pour mettre la pression, descendre dans la rue, créer une opinion publique, mais c’est ça que nous voulons faire. Ce processus nous a permis, passablement, de marquer quelques pas en avant. Maintenant, il y a beaucoup de choses à faire mais je pense que nous pouvons avoir une satisfaction relative d’avoir fait quelque chose là- dessus.

Quelles sont les chances de réussite de votre lobbying, de votre campagne face à d’éventuelles pressions diplomatiques de l’Union Européenne ?

C’est difficile à dire. Nous savons que l’Union Européenne est très puissante. Elle est très présente dans nos pays sous diverses formes en matière d’aide au développement. L’Union Européenne, c’est 40% de notre commerce ; c’est énorme. Nous savons que l’un dans l’autre, cela constitue un moyen de chantage et de pression qui est fondamental et qui peut faire très mal. Nous le savons. Nous sommes très réalistes. Nous sommes entrain de faire ce que nous avons à faire en tant que citoyens. Nous espérons qu’ils nous entendront. Maintenant, si cela n’est pas fait, si je prends l’exemple de l’Afrique de l’Ouest, nous, nous sommes prêts à descendre dans la rue au niveau de chaque pays si d’aventure nos gouvernements venaient à signer un accord qui visiblement ne va pas dans le sens de notre intérêt.

En quoi ces Accords de Partenariat Economiques ne sont pas viables pour l’Afrique ?

Il y a différentes façons de lire la question. Si on prend la lecture la plus simple, la plus superficielle, on se dirait que nous sommes là en présence d’un accord de libre échange entre l’Union Européenne qui est une puissante commerciale majeure dans le monde et l’Afrique de l’Ouest qui est l’une des régions les plus pauvres au monde. Sur 16 pays, nous sommes 12 PMA (Pays les Moins Avancés). Tout est à construire dans nos pays. L’industrie est à construire, l’agriculture etc… Or si vous signez un accord de libre échange comme ce que nous sommes entrain de signer, vous mettez en péril des pans entiers de ce que vous êtes entrain de construire. Si une industrie est encore vulnérable et vous la libéraliser, vous êtes entrain de courir le risque de ne jamais voir votre industrie éclore. Une industrie naissante à besoin d’être protégée, a besoin d’un certain nombre de leviers pour la supporter.

En d’autres termes, vous avez le sentiment que ce n’est pas un partenariat gagnant-gagnant comme on le dit ?

Jusqu’au moment où nous parlons, ça n’a pas l’impression d’être un partenariat gagnant-gagnant. Si nous considérons ce qui est dans le texte de l’Accord, il y a des demandes totalement inacceptables que l’Union Européenne essaye de mettre sur la table. Par exemple, l’Union Européenne nous demande de libéraliser 80% de notre commerce. Or au niveau de l’Afrique de l’Ouest, des études ont été faites pour voir jusqu’où on peut libéraliser notre commerce.  Une étude montre que si on libéralise plus que 60% de notre commerce avec l’Union Européenne, on est entrain d’affaiblir notre économie  et on court le risque de détruire des pans à la fois agricoles et industriels. Vous imaginez !!!  C’est un danger pour notre économie, pour notre agriculture et pour notre industrie et l’Europe nous demande d’aller jusqu’à 80%. Ça, c’est énorme. Le décalage est très énorme. L’Europe nous demande de faire toute notre libéralisation sur 15 ans alors que nous, nous disons que eu égard au statut de notre région, nous devons avoir le temps d’opérer les réformes nécessaires et de pouvoir les digérer. Ça ne peut pas se faire avant 25 ans. L’Europe veut nous acculer à faire tout en 15 ans. Vous imaginez que c’est inacceptable. L’un dans l’autre, nous sommes entrain de dire à l’Europe que nous n’acceptons pas ces deux demandes. Mais elle continue de mettre la pression. Elle fait tout ce qu’elle peut pour nous tirer vers elle.

La position de la  Côte d’Ivoire et du Ghana  ne vous complique pas la tâche ?

Absolument, cela nous complique la tâche.

Est-ce de la traîtrise ou pensez-vous qu’ils ont leurs raisons ?

Je ne le dirai pas. Je pense que n’importe quel pays de la région à la place de ces deux aurait fait la même chose. Le Togo ne l’a pas fait.

N’est-ce pas une affaire d’intérêt ?

C’est une affaire d’intérêt. A un moment donné, je crois qu’un gouvernement responsable dans un processus d’intégration balbutiant qui n’est pas assez fort, ne peut pas dire je sacrifie les intérêts nationaux au profit des intérêts de la région. C’est l’idéal, c’est ce que nous souhaitons. Mais il faut être réaliste. Si ce pays dit que la région ne me propose pour le moment rien, qu’il n’y a pas une intégration assez importante pour que je sacrifie mes intérêts, ce pays défend ses intérêts immédiats pour sa population parce qu’il y a des logiques politiques, des logiques électoralistes et tout le reste.

Est-ce que les autres régions d’Afrique sont sur la même longueur d’onde que l’Afrique de l’Ouest ?

Absolument, parce que toutes les régions s’étaient plus ou moins engagées à avoir un APE en 2007. Il n’y a que la région Caraïbes qui a signé un APE avec l’Union Européenne. Toutes les autres régions ont soit signé, paraphé des accords intérimaires. Ça veut dire que ce que nous dénonçons en Afrique de l’Ouest, c’est ce que beaucoup de régions dénoncent. Nous sommes à peu près tous dans le même schéma et essayons de défendre nos intérêts. Maintenant, jusqu’où ça va aller, c’est le temps qui nous le dira.


Togo-Médias : Liberté de la Presse

5 mai 2009

pubimag13211Le monde de la presse a célébré dimanche dernier, la journée internationale de la liberté de la presse. Dans la fièvre de la célébration de cette journée, un rapport sera d’ailleurs présenté mardi par l’Observatoire Togolais des Médias (OTM) sur l’état de la presse au Togo. L’Agence Savoir News a rencontré, Crédo Tetteh, le secrétaire général de l’Union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT) pour qui, les organisations des journalistes ont encore du travail à faire. Propos recueillis Par Lambert ATISSO  (Savoir News)

Crédo Tetteh : “Nous avons  encore du travail à faire” ;secrétaire général de l’Union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT) LOME (Togo)

Comment se porte la presse Togolaise ?

Mr Adjé K. Crédo Tetteh

Mr Adjé K. Crédo Tetteh

Il faut dire que la presse Togolaise  est en train de faire encore son chemin. Sur le plan professionnel,  nous avons  encore du travail à faire parce qu’il faudrait que les Journalistes s’approprient  les textes fondamentaux qui régissent leur profession.

D’autres estiment que la déontologie et l’éthique sont bafouées. Qu’en dites vous ?

C’est un constat que nous faisons et qui nous attriste un peu. Comme je l’ai souligné plus haut, les journalistes doivent connaître les textes qui régissent leur profession. Aujourd’hui, il faut une prise de conscience accrue pour que le journaliste sache que son travail est tellement sensible. Il doit l’entourer de garde-fous : faire toujours recours à son code de la presse et de la communication, bref tout ce que nous avons comme textes fondamentaux. Le journaliste ne doit pas diffamer, il doit respecter la dignité humaine etc…tout cela à travers ses articles, ses émissions, ses commentaires. Voilà ce qui pourrait améliorer son  travail sur le plan professionnel.

Que faut-il faire pour assainir cette corporation ?

Au niveau de l’Union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT), nous insistons notamment sur les formations, les recyclages. Il faudrait une formation à ceux qui exercent déjà le métier, afin qu’ils possèdent le minimum, surtout les notions élémentaires . Un autre problème très important : les personnes recrutées par les organes de presse. Les responsables de ces organses ont intérêt à recruter des personnes qui ont un niveau acceptable.

Ces derniers temps, l’UJIT et  certaines organisations des journalistes sont souvent à couteaux tirés avec la Haute Autorité de l’Audiovisuelle et de la Communication (HAAC). Pourquoi cet état de chose ?

Nous respectons bien   la HAAC telle que instituée par l’Etat. Mais, ces derniers jours, nous nous sommes levés contre certaines de ses décisions, notamment celle suspendant récemment les émissions interactives sur les radios et chaînes de télévision. Nous avons jugé cette décision  illégale, inopportune. Elle s’inscrivait  dans  une tentative de musellement de la presse et l’avons dénoncée. Nous avons demandé que cette décision soit levée et heureusement, nous avons eu gain de cause. La sagesse des membres de la HAAC a prévalu et nous avons aujourd’hui cette décision qui est dans les tiroirs, dans les oubliettes.

Pourquoi jugez-vous  la décision de la HAAC  d’illégale ?

Si nous prenons le code de la presse et de la communication, la HAAC n’a pas cette prérogative de suspendre une émission comme ça. Si la HAAC voudrais bien que des émissions interactives cessent sur telles ou telles radios et télévisions, elle pourrait faire recours au juge des référés; la loi organique ne l’autorisant pas à  prendre ces genres de décisions.

Depuis votre élection à la tête de l’UJIT, beaucoup de journalistes estiment que vous restez trop dans votre “bureau” et qu’ils ne vous “sentent” pas ?

Je ne  sais pas ce qu’ils mettent dans le verbe “sentir”. Nous ne sommes pas des gongonneurs. Je crois que le moment viendra où nous allons tous apprécier ce que  nous sommes en train de faire. Nous avons des programmes de séminaires et de formations des journalistes.  Au cours de ce mois, l’UJIT aura à organiser un atelier sous régional en collaboration avec l’UJAO et l’UNESCO sur la problématique des médias, l’élection et la transition en Afrique de l’Ouest. Après cet atelier, nous entamerons un autre sur le plan national.

L’Etat togolais a alloué à la presse togolaise 350 millions de FCFA. Comment l’UJIT  pense s’impliquer dans la gestion de ce fonds pour éviter d’autres problèmes ?

Ce Comité mis en place a déjà siégé deux fois et une troisième séance est prévue cette semaine. Je représente l’UJIT au sein de ce comité et je suis le rapporteur. Pour l’instant, je ne vais pas dévoiler le contenu de nos délibérations. Cette aide sera effective pour aider les patrons de presse à véritablement transformer leur organe en une entreprise de presse et également aider les journalistes dans la formation. Au niveau de l’UJIT, nous avons ce souci de formation et nous allons demander aux patrons de presse de nous soutenir.