1.Les distinctions terminologiques

L’on distingue les enfants de la rue des enfants dans la rue. Les enfants de la rue ou shégué(Congo), Chokora (Kenya) sont des enfants qui passent leurs journées dans la rue et dorment dans la rue. Ils passent leur vie dans la rue et n’ont de compte à rendre à personne. En tout cas, à aucun parent, à aucune autorité familiale. Toute leur vie s’organise et se déroule dans la rue. Ils vivent et survivent dans la rue.

Les enfants dans la rue sont un groupe d’enfants qui se réclament des parents connus. Ils passent leurs journées dans les rues, mendient ou volent ou rendent de petits travaux lucratifs. Au soir de la journée et de leurs activités, ils rentrent sous le toit paternel ou familial ramenant le butin. Ces enfants, selon certaines circonstances, peuvent se retrouver complètement dans la rue et devenir shégués, chokora.

2.Organisations en bandes

Les enfants de la rue s’organisent en bandes. La survie dans la rue exige une organisation judicieuse pour se protéger contre les intempéries, les tracasseries de tout genre. L’organisation permet aussi une prise en charge collective et une prise en charge de chacun par la bande. L’on distingue les bandes égalitaires de bandes hiérarchisées. Une bande égalitaire est composée des enfants de même tranche d’âge. Par exemple des enfants de 11 à 13 ans qui partagent les mêmes expériences et affichent le même comportement.

Une bande hiérarchisée se caractérise par la reconnaissance d’une autorité en un aîné. Celui-ci a un rôle d’un véritable leader. Cet aîné est l’organisateur du groupe. A Kinshasa, on le surnomme Yakuza. L’adhésion à un groupe se fait selon un rituel varié mais qui a en commun la violence. Un nouveau shégué se verra violemment battre pour intégrer une bande. Un autre se verra violer soit par le chef seul soit par tous les membres de la bande pour obtenir son visa d’adhésion. Un autre subira brimades et rapts jusqu’au déshabillement. Une fois ce rituel accompli le nouveau venu devient membre effectif et jouira de la protection assurée par le groupe contre les agressions étrangères.

Chaque bande organisée se caractérise positivement par une triple qualité de solidarité, de fraternité et de discipline. La solidarité et la fraternité s’expriment par l’organisation matérielle pour la survie du groupe, par la recherche des moyens de vivre. Elles se caractérisent aussi par la connaissance mutuelle des membres de la bande. Il n’est pas rare que l’aîné du groupe ou de la bande connaisse les parents des autres et parfois abordent le parent d’un membre trop jeune ou trop mineur pour plaider pour son retour en famille.

La discipline s’exprime par l’ordre et le respect que les membres se doivent et, surtout, doivent au chef. La force physique est ici très importante car elle permet l’exercice efficace de l’autorité. Il faut dire que toutes ses qualités s’expriment et se déploient sur fond de violence car cette dernière est en définitive le moyen privilégie d’exercice de pouvoir et d’expression communautaire. Le but de la bande est de protéger les membres.

3.Les causes

Quelles peuvent être les causes du phénomène massif des enfants de la rue en Afrique? Qu’est-ce qui fait que l’Afrique qui se prévalait et se prélassait d’être le havre de la solidarité, le garant des valeurs de la famille et qui considéraient les enfants comme une richesse voit ses villes tout d’un coup inondées des ces êtres chers et fragiles? l’Afrique est-elle entrain de renier ses anciennes valeurs? Est-elle entrain de changer?

Les causes du phénomène sont variées et diverses. Elles vont de l’enfant à sa famille en passant par l’atmosphère ambiante du XXIè siècle et de la composition de nos villes. Il ne nous paraît pas convenable de classer ces causes par ordre de grandeur ni d’importance. Car nous estimons qu’elles sont complexes et s’entrecroisent. C’est ainsi que nous ne les énoncerons que tour à tour.

L’enfant difficile et rebelle.

L’enfant difficile et rebelle ne se laisse pas maîtriser ni manier par ses parents. Il n’écoute pas ses parents et est réfractaire aux remarques. Quand on l’envoie, à la maison, il boude ou se lance dans des jeux ludiques avec ses amis et ne remplit que de tiers ou de moitié la tâche ou le service qu’on lui a demandé. Un tel enfant est réfractaire aux conseils et enclin à la liberté et à la facilité de la rue. Une gifle ou une engueulade de la part des parents ou d’un aîné à la maison peut augmenter son désir d’indépendance. Un tel enfant, une fois privé de nourriture ou tabassé, se révolte et se lance dans la rue. La question que le foyer chrétien doit poser et résoudre c’est «comment éduquer de tels enfants moyennement insoumis, réfractaires aux conseils et enclins à la liberté»?

Le suivisme des amis

Dans les quartiers, les enfants s’organisent en groupes de jeux. Ce groupe de jeu est leur deuxième milieu naturel. Car c’est avec les amis de jeu qu’ils passent un bon bout de leur temps, partagent leurs histoires, désirs, pensées et intérêts. Dans un tel cas, un enfant qui affectionne un groupe déjà enclin à la rue ou déjà shégué peut finir par tomber dans la rue. Il suivra ses amis et pourra finir dans la rue.

La situation familiale

La situation familiale peut se diviser en deux catégories. La première est la situation socio-economique. La deuxième est la situation religieuse. La situation économico-sociale se caractérise par la misère familiale et par une désintégration de la situation matrimoniale des parents. La misère familiale est une cause. Car elle cause une désintégration familiale. Les parents n’ont plus les moyens d’expression de leur affection et de leur responsabilité. Un enfant qui n’est plus nourri ou que les parents encouragent à une prise en charge précoce de soi se transformera en un mendiant. La misère dans les familles contraint certains parents à une mendicité forcée. Ils y vont soit avec leurs enfants soit seuls soit en les envoyant. C’est ainsi que certains enfants sont envoyés dans la rue pour mendier et ramener le butin aux parents.

Le manque de repère fait que certains parents abandonnent leurs enfants, les laissant devenir shégués. L’État désintégré et irresponsable n’a plus d’autorité. Aussi ne peut-il plus contraindre les parents à remplir leur autorité parentale. L’État dépravé ne remplit sa fonction envers les parents et l’institution famille laissée à elle-même a perdu le nord et ne remplit plus son devoir. Ce que la désintégration a fait à l’État la misère le fait à la famille.

La situation religieuse faite d’amateurisme théologique, d’interprétation théologique erronée et de méthode de bouc-émissaire, de farce de prophète apprenti-sorcier ajoute au dégât. De nombreux enfants se voient indexés sorciers par des pasteurs en mal de prophéties et des miracles. Ils proposent souvent que l’on chasse l’enfant du toit familial. Souvent ce verdict tombe après une séance d’exorcisme ou de prières de délivrance. Les Églises du Réveil sont en grande partie expertes en ce genre de jugement car elles voient le diable ou le démon partout et semble se livrer à un combat contre lui. Et le démon pour eux peut résider partout.

Les anciens principes ou valeurs sacro-saints sur la famille, le clan subissent le choc du temps et du milieu urbain. Les temps ont changé alors que le pays est devenu déficitaire. Le milieu urbain n’est pas encore bien maîtrisé par les habitants. Tout cela donne un air perdu aux nouvelles structures dans lesquelles nous vivons.

Les enfants des rues et leurs activités

Beaucoup d’enfants des rues exercent une activité. Ce sont généralement de petits métiers riches dans leur diversité et pratiqués de manière quotidienne et assidue. Il s’agit en fait d’une incessante quête quotidienne pour trouver de quoi subsister non seulement pour eux-mêmes mais aussi, le cas échéant, pour leur famille. Dans cette quête de survie, les enfant embrassent toute sorte d’activités susceptibles de leur procurer des revenus:

-La plonge: b d’enfants travaillent comme plongeurs dans les restaurants.

-La vente d’eau: souvent employés par les femmes pour la vente d’eau glacée

-Le portage des bagages: les enfants aident les vendeuses à porter leurs légumes et autres marchandises dans les marchés moyennant de modiques pièces d’argent.

-Le balayage et le ramassage d’ordures aux aux abords des lieux publics.

-Le parking,,le gardiennage de véhicules, le docker dans les marchés et les gares routières….

4.Comment résoudre le phénomène ?

Ce phénomène ne peut être résolu que si l’on s’attaque aux causes et à la racine. Nous aborderons cette question selon deux hypothèses. La première c’est de considérer que le foyer chrétien est la cause de la délinquance juvénile. La deuxième c’est de dire que le foyer, lui aussi, est victime de la politique et de la désintégration étatique.

4.1.Et si le foyer était responsable ?

Le foyer peut être responsable de la délinquance s’il n’arrive pas à remplir ses fonctions et son rôle. Son rôle est d’aider l’enfant, de le protéger, de l’encadrer, de lui assurer une croissance harmonieuse. Cette responsabilité consiste en la prise en charge de l’éducation scolaire, à nourrir l’enfant, à le vêtir et le loger. En un mot à lui garantir une croissance humaine harmonieuse.

Car le foyer chrétien doit savoir que l’enfant est un don de Dieu reçu gratuitement et sur lequel nous devrons rendre compte. En tant que foyer chrétien le phénomène shégué doit nous interpeller, nous attrister car les enfants devenus shégués sont un don de Dieu négligé. Que faire ? Que les foyers chrétiens qui ont les moyens aident ceux qui n’ont rien. Que les foyers chrétiens soient sensibles à l’adoption de ces enfants. Que les foyers chrétiens luttent contre la diabolisation des enfants taxés, à tort ou à raison, d’enfants sorciers. Car un bon chrétien doit se sentir sauvé et libéré. Il doit combattre ou exorciser la peur du sorcier au lieu de jeter l’eau de bain avec le bébé.

Le foyer congolais est aussi victime car l’État s’est désagrégé et ne remplit plus ses responsabilités à l’égard de ses membres. Les parents impayés par l’État sont obligés de tout faire à la place de l’État. La première réaction du foyer c’est d’être contre un État qui sème la misère dans le pays, dans le foyer et autour du foyer. Car quand l’État se désagrège il s’ensuit une recrudescence des anti-valeurs. Or le phénomène shégué est une anti-valeur pour la société congolaise. Donc …

Et même si le foyer était victime ce ne serait pas une raison pour victimiser davantage l’enfant. Le jeter dans la rue n’est pas une solution. Il constitue, au contraire, un crime et une bombe contre tous. Dans l’un ou l’autre cas, l’affection pour l’enfant est primordiale.

Le Livre intitulé: Enfants de rue en Afrique, le cas du Burkina Faso de Naba Jérémie Wangre et Alkassoum Maiga nous convie au coeur d’un objet d’étude qui embrasse l’ensemble de la planète soit la migration des populations des territoires ruraux . Le phénomène migratoire des campagnes vers les villes dans les pays en développement se caractérise particulièrement par l’exclusion sociale des plus démunis, la pauvreté et surtout le travail des enfants voire les enfants vivant dans la rue.

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A l’occasion de la sortie en France et à l’étranger du livre “LES VOYOUS DE L’ARCHE DE ZOE”(Editions Duboiris) écrit par le journaliste d’investigation Charles ONANA avec la collaboration du député tchadien Ngarlejy YORONGAR, le “Mouvement Ngambo Na Ngambo-journalistes congolais en Europe” organise une conférence de presse dont l’intervenant est monsieur Charles ONANA.

L’auteur de ce livre s’appuie sur les pièces du procès à N’Djamena, des documents confidentiels, les dépositions des témoins et des rapports des experts.Il met à nu les méthodes particulières du Français Eric Breteau et de ses compagnons de l’association “Arche de Zoé” transformée en une autre association dite “Children Rescue” poue cette opération de rapt de 103 enfants tchadiens.Parmi ces méthodes, il y a par exemple l’utilisation des noms de Mme Cécilia Sarkozy, du HCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés)…
Dans ce livre intitulé “Les VOYOUS DE L’ARCHE DE ZOE”, le journaliste d’investigation démonte aussi ce qu’il qualifie de “mensonge” sur la situation au Darfour (Soudan) qui a servi d’argument aux membres de “l’Arche de Zoé”…
Il démontre que la réalité ne repose nullement sur “un génocide qu’aurait commis le président soudanais

Omar Al-Bachir ” mais sur une guerre masquée par une rhétorique sur les violations des droits de l’homme pour le contrôle du pétrole du Soudan avec comme toile de fonds une rivalité entre les USA et la Chine.

Le journaliste d’investigation ONANA montre également les effets de l’offensive du président américain George W.Bush et des néo-conservateurs en France à travers les prises de position du ministre Bernard Kouchner et des gens comme Bernard-Henri Levy, André Glucksman…sur le Darfour.
L’affaire du rapt de 103 enfants du Tchad sous le prétexte de “sauver des orphelins du Darfour” avait débuté le 25 octobre 2007 avec l’arrestation au Tchad des individus ,pilotés par le Français Eric Breteau qui ont été condamnés à N’Djamena puis transférés en prison en France et finalement graciés étrangement par le président tchadien Idriss Deby Itno.

MINORITES VISIBLES :INTEGRATION QUASI

IMPOSSIBLE EN FRANCE

Mathieu MBARGA-ABEGA

Et si la politique de l’intégration de la minorité visible encore embryonnaire en France n’était pas quasiment impossible, un leurre ou la poudre de perlimpinpin ?

Et si toutes les politiques d’intégration faites jusqu’à présent en France n’avaient pour seul résultat que le maintien de la minorité visible dans une situation d’assistanat avec pour conséquence la misère qui la frappe au quotidien ?

Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

La France doit s’en prendre à elle-même et à ses princes de la politique, qui l’ont conduite dans l’impasse.

Ce livre de réflexion démontre le mécanisme de cette politique de gribouillis dont le principe est de donner un coup de balai dans l’obscurité à travers le prisme français.

Et il montre, outre les contentieux historiques qui divisent depuis plus de trois générations la communauté nationale et la minorité visible, que cette minorité n’a jamais su mettre en pratique l’adage « aide-toi le ciel t’aidera »

Avec un ton volontairement provocateur et parfois humoristique, il va au-delà de certaines idées reçues et affirme que la communauté nationale et la minorité visible, si elles veulent une réconciliation et une cohabitation apaisée pour les quinze prochaines années en France, connaîtront des jours meilleurs.

Elles ne sont pas inexorablement les damnées de la terre.

Ce livre de réflexion est le fruit de ses observations en matière de politique d’intégration et d’immigration en France.

Editions BIBOÜCK, « L’un vaut L’autre » S/c Association France Diversité Populaire

Prix Editeur : 15 €, 11, rue Caillaux 75013 Paris

Portable : 06 16 48 01 09: Mail: mbarga-abega@wanadoo.frISBN: 978-2-9529996-1-8


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Le Niger face au Sida : Atouts et Faiblesses de la Stratégie Nationale contre la Pandémie,Livre de Seidik ABBA

Aux carrefours des Sciences de l’information, de la Sociologie et des Sciences politiques, ce livre donne une photographie exacte de la pandémie du VIH/Sida au Niger, pays sahélien d’Afrique de l’Ouest, déjà confronté, par ailleurs, à de nombreux défis de développement.

A partir d’enquêtes de terrain, d’entretiens et d’observations l’auteur rend compte, dans une écriture claire et accessible, des rapports au Sida de différents acteurs nigériens de la vie sociale : politiques, associations de la Société civile, médias, experts et malades.

Il en arrive ainsi à examiner
les forces et les faiblesses de la stratégie nigérienne de lutte contre
la pandémie, soulignant, entre autres, l’existence d’une réelle
volonté politique et des moyens financiers conséquents pour y faire face.

L’ouvrage aborde également les insuffisances de cette stratégie en s’attardant sur la faiblesse de la couverture sanitaire nationale et l’absence des ressources humaines en qualité et en quantité. Il s’y ajoute la représentation négative de la maladie dans un contexte socioculturel où elle reste fortement entourée de « tabous ».

Après avoir procédé à cet état des lieux de la maladie et de la mobilisation pour la contenir, l’ouvrage suggère modestement quelques pistes susceptibles d’enrichir la stratégie nigérienne de lutte contre le VIH/Sida.

Il Plaide Pour l’émergence de nouveaux acteurs sociaux à travers 1′implication des chefs traditionnels, des syndicalistes, des sportifs et des artistes dans les actions de don.

Au total, l’auteur établit que si la séroprévalence au Niger est moins élevée que dans d’autres pays de la sousrégion ouest-africaine, il n’en demeure pas moins que le Sida progresse fortement dans le pays, endeuillant des familles et laissant des veuves et des orphelins sans ressource.

*Journaliste, spécialisé dans les questions sociales et de développement, Seidik Abba est depuis 2001 adjoint au chef du Bureau pour l’Europe et correspondant à Paris de l’Agence panafricaine d’information (PANAPRESS).

Il a notamment été envoyé spécial de PANAPRESS pour des événements internationaux organisés au Japon, en Egypte, en Chine, en République dominicaine, au Mali, au Maroc, en Turquie et au Mexique.

Titulaire d’un doctorat en Sciences de l’information et de la communication, Seidik Abba est également collaborateur régulier de France 24, de BFM radio, de Afrique-Presse (TV5/RFI). Il est par ailleurs chercheur associé au Laboratoire des Sciences de la communication (LSC) de 1′Université de Valenciennes, dons le Nord de la France.

18,50 euros, 192 pages :ISBN : 978-2-296-05956-6

Commandez en ligne : http://www.editions-harmattan.fr